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Famille recomposée : vous avez déjà un enfant, et vous allez de nouveau être maman
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Une famille recomposée : témoignages.

Famille recomposée : vous êtes belle maman avant d'être maman.

Une famille recomposée

 

Belle maman avant d'être maman

 

Le témoignage de Gwénaëlle



Famille recomposée – un bébé ciment.

J’avais 26 ans lorsque j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il en avait 32, et était papa de deux petits garçons de 2 et 4 ans. Nous nous sommes aimés des les premiers mots, et après pesé le pour et le contre, j’ai sauté à pieds joints dans l’aventure. Je savais que ses enfants seraient peut être une difficulté pour notre vie de couple. Pour autant, je ne m’attendais pas à ce que nous allions vivre.
J’ai pris l’Homme et ses deux enfants, en disant : « je les considérerai comme les miens ».
Mais, ce n’était pas aussi simple. Il fallait gérer leur maman. Et longtemps à leurs yeux, je suis restée « L’amoureuse de Papa ». Sans place définie.

Je m’occupais d’eux un week end sur deux et la moitié des vacances. Le reste du temps, ils disparaissaient de ma vie, et moi de la leur.

Moi, j’avais du mal à trouver ma place. Je n’étais pas la première femme de la vie de mon mari, je n’étais pas la mère de ses enfants. Finalement, je me sentais comme une pièce de trop à un puzzle décomposé. Un jour, bébé s’est annoncé. Notre bébé.

Grand bonheur bien sur, mais aussi grande inquiétude pour moi. Comment ce bébé allait il trouver sa place dans ce patchwork. ? J’avais peur que le papa ne l’aime pas autant que les premiers. J’avais encore plus de mal à prendre ma place parce que le papa avait déjà connu deux grossesses, deux accouchements, et que finalement, je pensais que pour lui c’était « la routine ». Je souffrais à l’avance de ne pas être celle qui lui aurait offert « le premier ».


Cela était encore plus fort lorsqu’il parlait avec émotion de la naissance de l’aîné. J’avais l’impression que bébé et moi, ne serions pas à la hauteur.


Nous avons annoncé la venue de Jade à ses grands frères à l’occasion de Noel. J’entamais mon 3° mois de grossesse et mon ventre commençait à prendre des rondeurs.
Ils étaient ravis d’avoir un petit frère ou une petite sœur, et ont suivi de loin ma grossesse. De temps en temps, je leur faisais poser la main sur mon ventre.
Pour le cadet qui avait alors 5 ans, c’était une découverte. Il chantait des chansons au bébé dans mon ventre, guettait le moindre mouvement. Et cela nous a rapprochés. Pour l’ainé, c’était plus compliqué. Et la proximité physique entre nous était plus gênante.


Mais enfin, tout le monde était d’accord pour dire que nous formions enfin « une famille », notre mariage étant intervenu à mon septième mois de grossesse.


Les garçons ressemblent beaucoup à leur père, mais aussi pas mal à leur mère, Eurasienne. Aussi, je voulais à tout prix un enfant qui ME ressemble.


Le grand jour est arrivé. Lorsqu’on m’a amené ma fille, j’ai été incroyablement surprise et déçue qu’elle ressemble à ses frères. Et si cette ressemblance continue de m’agacer, au moins, elle les rapproche, meme si Jade est aussi blonde que ses frères sont bruns.


Les garçons sont arrivés pour les vacances dés mon retour de la maternité. Ils ont tout de suite adopté leur petite sœur. Et vice versa.
Il y a un amour entre ces trois enfants qu’il est difficile d’expliquer. Le lien du sang peut être ? Bien qu’ils ne vivent pas ensembles, ils s’aiment, se disputent, prennent soin les uns des autres comme une fratrie.
Les grands frères n’oublient jamais de ramener un cadeau à la petite lorsqu’ils partent en vacances avec leur maman, n’oublient jamais son anniversaire.. c’est très touchant.


Un jour pourtant, leur maman leur a expliqué que Jade n’était pas leur sœur. Seulement leur demi-sœur. Ca les a beaucoup perturbé, et moi avec. Non, entre eux, pas de « demi ».


De mon coté, j’ai peu à peu pris « ma place ». Je me suis sentie « légitime » dans mon rôle éducatif auprès d’eux, et je me suis permise d’être plus sévère. Trop parfois peut être, car je me suis découverte « Mère Louve », et je défends becs et ongles les intérêts de ma petite.
Je ne voulais pas faire de différence entre les enfants et pourtant la différence existe.
Les garçons ne sont pas mes fils, ils ne le seront jamais. Alors que Jade fait naturellement partie de ma vie et de mon cercle d’intimité, j’ai plus de mal à m’ouvrir aux garçons. Un écart s’est un peu creusé entre nous, alors même que nous formions enfin une famille.
J’ai compris que l’Amour d’une mère était bien plus grand que n’importe quel autre sentiment. Et que je ne leur porterai jamais le même Amour.


Aujourd’hui, Jade a 3 ans. Au bout de tout ce temps, j’arrive à être juste avec les 3 enfants. Au bout de ce temps, j’arrive de nouveau à recréer une intimité avec les garçons, que la maternité nous avait oté. Mais peut être en aurait il été de même si nous avions été une « vraie » famille ?


Le regard que les garçons portaient sur moi a également changé. J’ai les ai souvent surpris en train de m’observer avec attention lorsque je m’occupais de Jade, que je la calinais, que je jouais avec elle. Ils ont été vraiment surpris de me découvrir « Maman ». De me découvrir tendre, attentive, joyeuse. Et souvent, il y avait comme une pointe d’envie.
Le cadet a d’ailleurs jalousé sa petite sœur, au point de régresser, au point de lui prendre ses jouets, au point même parfois d’user de stratégies pour la faire punir. Mais peut être en aurait il été de même si nous avions été une « vraie » famille ?


Le papa quant à lui, n’a fait aucune différence entre ses trois enfants. La naissance de Jade a été une découverte, tout autant que pour les deux autres. Et puisque Jade est une fille, il est vrai que les liens qui les unissent sont vraiment particuliers. Jade est l’enfant du bonheur. Elle est l’enfant qu’il éduque, (plus sévèrement que les ainés), celle qu’il emmène à l’école… celle qui panse ses blessures de papa privé d’élever ses fils.


Pour la maman des garçons en revanche, cette naissance a été très difficile à digérer. Elle était sans doute le reflet de ses échecs, de ses espoirs déçus. Elle a donc tout fait les premiers temps pour nous rendre la vie difficile. Nous nous sommes donc ressoudés d’avantage pour faire front, mon mari et moi. Mais inconsciemment, j’en ai voulu aux garçons… lorsque je les regardais, je voyais toujours cette femme entre nous…. Jusqu’au jour où j’ai choisi d’en faire fi.


La naissance de notre enfant, dans cette famille recomposée a certainement été un ciment. Mais elle a aussi souligné les reliefs : les failles, les manques, les écarts, les nuances…


Il n’y aura pas d’autre enfant après elle. Jade est l’enfant du bonheur. Elle a une famille. Elle a des frères qui l’aiment plus que tout. Un papa et une maman qui s’aiment et qui se battent pour que la famille reste unie. C’est une enfant équilibrée, qui a tout de même du mal à comprendre pourquoi ses frères n’ont pas la même maman… et pourquoi ils ne vivent pas à la maison.


Une famille recomposée, ce n’est pas toujours un tableau idyllique. L’Amour n’est pas une évidence. Le bonheur non plus. Mais je persiste et signe. J’ai pris le package : le papa et ses deux fils. Alors notre famille recomposée, c’est un combat que nous gagnons chaque jour.


Les garçons sont « MES garçons ». Pas mes fils. Mais pourtant, je les suis avec attention. Disponible lorsqu’ils ont besoin, attentive à leurs désirs, leurs émotions, leurs difficultés. Et l’avenir, je l’imagine avec eux… leurs copines, leurs enfants…..


Alors même si le quotidien ne se conjugue pas toujours avec « nappe blanche du dimanche », le bouquet de fleur et les rires autour de la table… on y arrive. On y arrive…


Aujourd’hui le mot « famille » est une évidence. Nous traversons la vie à cinq. Unis comme les doigts d’une main.


Gwénaëlle