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Le témoignage de A : Une FIV en Belgique

Témoignages : Stérilité - FIV, fécondation in vitro en Belgique.

Le témoignage de A sur les FIV, en Belgique

 

Bonjour,

Je voudrais vous apporter mon témoignage, un peu désordonné mais sincère.
Je viens de terminer un premier traitement fiv , qui s'est hélas soldé par un échec, ce que je sais depuis moins de 48 heures.
La peine est vive, la tristesse grande. La déception intense.
Ce fut, ce traitement, un calvaire.
Nous avions bien intégré avec mon mari que tout cela serait lourd, pénible et qu'il nous faudrait bien du courage, un sens aigu de l'organisation, des finances à la hauteur de notre ambition, etc...

La période que j'appelle "Sniffage", faut garder un minimum le sens de l'humour, est vivable, 1 semaine. Ensuite, j'ai eu l'impression d'avoir 60 ans, et je frôlais la dépression.
Mes antécédents en la matière étant assez étoffés, j'ai ressenti autant de mal qu'à la veille d'un jour de tentative de suicide.
Eprouvant.
Et hop, une "petite" ponction de kyste, horriblement douloureuse.
J'ai hélas dû subir une ponction de kyste autour du 18 ième jour, avant la stimulation. Cette épreuve, sans anesthésie m'a anéantie, physiquement. Et moralement.
Je me suis trouvée littéralement "mise à la porte", vacillant sur mes jambes molles, incapable de lacer mes baskets, quelques minutes seulement après cette intervention.
Mon mari qui m'avait vu entrer souriante et forte était décomposé de me récupérer dans cet état.


Et, stupéfaction, j'ai reçu un certificat médical couvrant le jour de l'intervention, point. Le médecin qui a réalisé l'intervention est, comme tous ceux que j'ai croisé, rencontré durant ce traitement, extrêmement compétant, médicalement.
Comment ose t'il donner 1 malheureux jour de congé, sans rire? J'ai vraiment eu l'impression qu'on se "foutait de ma gueule", mon expérience tournant dans le service comme la bonne blague du jour "Elle a pleuré tout le temps, j'ai jamais vu ça!"
Une femme souffre. Et elle ne se plaint pas. Point. Ce n'est pas gagné.

Quelques jours de piqûre de stimulation plus tard, j'étais aux anges; une pêche d'enfer, une énergie débordante. Puis le ventre gonfle, comme à la veille de règles en pire, bien pire.


Pliée en deux, à nouveau... 11 ovocytes ponctionnés, 6 utiles, 3 divisés, 2 parfaits, un mal de chien, réimplantation à 48 heures, non sans mal - deux médecins.
"Elle a le col sensible, j'ai jamais vu ça!"...
Une organisation parfaitement maîtrisée et l'accueil expert des infirmières ont bien souvent soulagé peine, stress, énervement, peur et , hélas, souffrance.
Bref, tout ça et un échec au bout, c'est évidemment très pénible. Mais nous étions prévenus.
Bien sûr, mon Mari, ma Maman, ceux que j'aime sont là, m'entourent de toute leur affection. Et puis, le problème venait de mon mari, j'ai déjà un enfant et donc une famille.

Mais dans le cadre professionnel, c'est autre chose.
Comment les médecins peuvent prétendre considérer les difficultés physiques et psychologiques de ce genre de traitement sans accorder de congé de maladie, c'est-à-dire en obligeant les patientes éprouvées à maintenir une image de professionnelle ?
Comment pouvez vous imaginer qu'une patiente puisse soutenir vie professionnelle, familiale et l'ensemble de ce traitement de front? Je suis stupéfaite, à vrai dire et compte tenu de l'extrème rigueur professionnelle dont votre service fait preuve, que vous ne considériez pas ces effets "collatéraux".
Mais sans doute considérent ils qu'il est plus "sain" de "s'occuper", quitte à passer pour "la femme qui a encore ses rêgles", "l'infâme qui déprime, la bizarre " "qui fait un ... traitement"?


Qui peut prétendre savoir " ce que ça me fait", comment je le gère et à quel point cela est important ou non de pouvoir donner le change, en toutes circonstances au niveau professionnel ?


Voici deux choses qu'il me semble possible d'améliorer
- La prise en charge de la douleur " réelle", physique.
- La prise en charge psychologique.


Comment retourner travailler moins de 24 heures après ce genre d'intervention?
Les médecins le sont ils tellement peu que vous attendez d'un psychologue qu'il prenne prenne cette décision de mise en congés? Ont ils des consignes de non "distribution" de congés maladie?
Et je ne parle pas du jour de la ponction, du lendemain, pliée en deux, et des jours suivants, épuisée.

Boostée aux hormones pendant 35 jours. Ils devraient essayer, et on en reparle.
Je crois sincèrement qu'ils sous estiment les conséquences de ce traitement en considérant peut être tout cela comme acquis - on le sait donc c'est normal.
Rien n'est normal dans ce traitement. Rien du tout.


C'est presque de la science fiction, sauf que ce n'est pas qu'un film d'une précision chirurgicale, c'est la vraie vie, avec de vraies personnes.
Dont moi, actrice tour à tour active et passive selon un scénario milimètré.
Il me semble donc que les médecins, devraient d'une façon générale, considérer avec autant de précision et de subtilité qu'il faut pour mener ce traitement - qu'ils maîtrisent, incontestablement- la femme, l'individu qui n'est pas qu'un utérus, deux trompes et des follicules. Et son Mari, qui n'est pas qu'un branleur.
Qu'ils devraient considérer nos maux, désirs et stress, bref, nous faciliter la vie.
Qu'ils devraient nous protéger des railleries professionnelles durant cette période difficile.

J'ai vu des médecins avec des yeux comme des soucoupes, dubitatifs quant à ma douleur, mes difficultés,... Je suis courageuse, mais celui là, j'avais vraiment envie de lui en coller une!
Les infirmières ont TOUTES été FORMIDABLES. Rien à dire, magnifique.
Sans elles, ce service ne serait qu'un laboratoire.

Chers médecins, qui mettez tant de cœur dans la recherche et l'amélioration de toutes ces techniques qui nous permettront peut être mon mari et moi de fonder un famille, ultime fantasme social, lieu de tous les espoirs d'amour et de bonheur, n'oubliez pas les êtres que nous sommes, comme vous, humains.

Et enfin, merci à toute l'équipe, à la science.
Et merci à la vie de m'avoir créée à cette époque incroyable où l'on peut envisager ce qui était impossible il y a peu.
Aujourd'hui comme hier et malgré cet éporouvante nouvelle, je suis coiffée, maquillée et habillée pour re conquérir le monde, je marche la tête haute, je suis fière de moi.
Et malgré les douleurs de toute sorte, en ce compris mes rêgles depuis ce matin, compte tenu que j'ai pû ici les dire, en toute sincérité, je suis prête à recommencer, aujourd'hui même si c'était possible.

A, de Belgique.

Pour vous :

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