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Le témoignage de Nathalie : Stérilité et Fausse Couche

Nathalie:Fertilité & fausse couche.

Nathalie : Fertilité & fausse couche

Je vous écrit concernant les articles de Sandra et Lisa dans la partie "fertilité".
Il y a 5 ans, j'ai dû être opérée d'urgence pour une infection des trompes, qui s'est révélée plus grave qu'elle ne paraissait.
En effet, un abcès de 13 cm de diamètre s'était développé et avait endommâgé mes trompes, mes ovaires et une partie de mon intestin. Je me suis donc retrouvée du jour au lendemain sans mes trompes et avec 3/4 d'ovaire. On m'a assuré que la science avait progressé et qu'il me faudrait dès lors passer par une Fivette.

Je pense que c'est une chance de le savoir... par rapport à toutes ces femmes qui essayent plusieurs mois sans succès avant seulement de passer des examens et puis de se rendre compte d'une fertilité éventuelle: moi, je le savais dès le départ.
Je suis avec mon compagnon depuis 4 ans et nous sommes installés aux alentours de Namur, en Belgique.
Nous savions donc que nous devrions passer par un centre de PMA (procréation médicalement assistée) et nous avions déjà pris qq renseignements bien avant de prendre une décision d'agrandir la famille... au moins pour savoir ce par quoi nous allions devoir passer et ce que cela allait coûter.

La ponction revenait à +/- 750 euros sans compter les piqûres: boîtes de 3 capsules (à raison de 2 capsules par jour durant 14 jours !). Heureusement, ces produits étaient remboursés par la mutuelle. Ce que je ne savais pas, c'était qu'une mutuelle en particulier remboursait totalement la FIV... là, ça devient intéressant de demander son transfert !

Nous avons donc pris rendez-vous à la PMA au mois de septembre. (Tout notre entourage était au courant de nos pérégrinations).
Avant de commencer tout traitement, j'ai dû faire une hystérographie pour m'assurer que mon utérus était en bon état.
J'ai ensuite suivi un traitement au Supréfact durant 15 jours: 3 inhalations 3x/jour à heure fixe (7h, 15h, 23h). C'est un produit qui agit sur l'hypophyse et qui met les ovaires sous controle.


Après 15 jours, on s'est aperçu que ce médicament m'avait provoqué des kystes à l'ovaire (c'est une des conséquences de ce produit), du coup, j'ai du poursuivre le traitement pendant encore 15 jours (à la longue, ce produit fait aussi partir les kystes: c'est à rien n'y comprendre !).
Enfin, les nouvelles sont bonnes: mon ovaire est nickel, prêt à subir la stimulation. C'est une de mes cousines infirmière qui aura le loisir de me piquer tous les jours durant 14 jours à heure fixe.
Tout se passe bien, à partir du 9eme jour, on fait une écho tous les 2 jours pour voir si je réagis bien au produit: je produis des follicules à mort ! Le médecin est super content: on va avoir une belle "récolte".
Le jour avant la ponction, durant la nuit, ma cousine me fait la dernière piqûre: celle qui va déclencher le processus d'ovulation.
Le lendemain je rentre à l'hosto à jeun: on m'endort avec une légère anesthésie et à mon réveil, on m'annonce que sur les 12 follicules, on a retiré 7 ovocytes.
La PMA m'appelle 2 jours après pour m'annoncer que 5 fécondations sont réussies et que 2 embryons sont à un stade assez avancé donc on ne peut attendre demain pour les transplanter. Les autres seront congelés. Je suis tellement heureuse !
J'ai horriblement mal au ventre des suites de la ponction, mais je flotte sur un petit nuage.
Ce jour-là, le 7 décembre, on me transférera 2 embryons.
Le 21 décembre, la dame de la PMA m'annoncera l'excellente nouvelle: je suis enceinte !

C'est incroyable comme plus rien n'existe en un tel jour: je rêve de le crier au monde entier !
D'ailleurs, nous l'annoncerons à notre famille à l'occasion de Noel ainsi qu'a notre entourage sur les cartes de voeux.

Puis la 1ere écho du mois de décembre ne nous révèle qu'une seule poche embryonnaire... oooohhhhh quelle déception... je m'étais tellement faite à l'idée d'avoir des jumeaux... Mais bon, il y a un autre petit bébé qui est là et il faut s'accrocher.


Je me renseigne, je surfe à mort sur les sites de bébé, j'avale des quantités incroyables d'information sur les femmes enceintes, sur l'accouchement, sur les préparations à l'accouchement.
Tout se passe super bien jusqu'au mois de mars.


Fin février-début mars, je ressens des douleurs à chaque fois que j'urine. Comme une crampe... c'est bizarre, j'ai déjà eu des cystites et ça ne ressemble pas à ça.
La secrétaire de mon gyné me conseille d'aller voir mon médecin traitant qui après avoir analysé mes urines me confirme qu'il n'y a rien et me conseille de revoir mon gyné.


Finalement, je me retrouve aux urgences où on analyse mon sang et mes urines.
Effectivement, on trouve une légère trace d'infection (on ne me dira jamais ce que c'est) et on me prescrit un léger antibiotique (autorisé pour femmes enceintes). Mais j'ai toujours mal. Et j'ai l'impression que ça empire.
Mon gynécologue m'annonce au rendez-vous suivant que c'est sans doute mon utérus et ma vessie qui se bagarrent car mon utérus n'a pas encore sa taille "imposante" et il presse contre ma vessie.
S'il le dit...

Mais le 28 mars, alors que je me rends aux toilettes, c'est le drame: je perds les eaux. Je suis à 18 SG... bcp trop tôt, donc...
Le lendemain, mon gynéco passe me voir et nous annonce de suite que ça se présente très mal: à ce stade de la grossesse, il est plus que "gênant" d'avoir perdu tout le liquide amniotique.


Non seulement ce liquide permet au bébé de vivre mais il lui permet surtout de BOUGER ! Et c'est en bougeant et en gigotant que bébé développe ses muscles.
Sur l'écho, il n'y avait plus de "poche noire" autour de mon bébé, mais lui vivait toujours.


Nous avons le choix:
- arreter les antibiotiques et laisser venir l'infection qui provoquera d'elle-même la Fausse Couche
- Provoquer la FC
- Laisser le bébé ainsi tout en sachant que si on parvient au terme de la grossesse (ce qui est peu envisageable), le bebe sera handicapé car tous ses muscles ne se seront pas développés.

La décision est horrible à prendre mais elle nous saute bien évidemment aux yeux.
Nous nous considérons comme des tueurs mais nous ne pouvons lui faire ça. Il n'a rien demandé ce bout'chou... alors nous ne pouvons décider pour lui de lui réserver un tel avenir pour autant qu'il en ait un.
L'accouchement (ou "expulsion") est déclenché.


Je passe une horrible nuit, je suis malade, gavée aux antidouleurs, et puis enfin vers 11h du matin, mon gyné arrive et me "libère" de mon petit bout.
L'acte en lui-même est brutal psychologiquement et physiquement.
Le sentiment qu'on m'a "arraché" mon bébé est insupportable et ne me quittera que très longtemps après.

Mon petit garçon avait 4 mois et demi et devait s'appeler Mathis.
Je n'ai jamais voulu le voir, de peur de garder cette image gravée en moi.
Une infirmière a pris des photos, elles se trouvent dans le dossier chez mon gynéco: je peux les voir sur simple demande.
Aujourd'hui, presque 3 mois après, j'en suis toujours incapable. Son souvenir est très fort, et encore plus est le manque, le vide qu'il a laissé.

J'ai eu bcp de mal pour me relever et je ne suis pas encore debout, bien loin de là.
J'ai parfois l'impression que c'est seulement lorsque j'aurai relancé le processus de FIV, seulement lorsque je serai enceinte à nouveau que je serai alors sortie de ma dépression.


Et pourtant, pls personnes m'ont dit d'avoir fait mon deuil avant.
C'est encore pire de retomber enceinte directement après une FC et de faire son deuil en même temps que de porter la vie.
D'un autre côté, je ne crois pas qu'un jour je me dirai "ça y est je suis prête, j'ai fait mon deuil, c'est fini, je peux enfin m'y remettre".
J'ai donc préféré forcer le destin et reprendre rdz-vs avec la PMA.
Il me reste 3 embryons. Je sais que les chances sont moindres lorsqu'ils ont été congelés mais le fait d'en remettre 3 (s'ils "revivent" lors de la décongélation) va peut-être booster mes hormones et faciliter la nidation...

Toutes mes pensées sont tournées vers cette date de rdz-vs.
J'en suis obsédée, j'y pense tout le temps. Moi qui n'étais pas plus que ça tournée vers les enfants, cette maternité m'a complètement changée.
Mais cette fausse couche m'a également laissé pas mal de séquelles et c'est très dur de vivre avec.

Merci à vous.
Nathalie.

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