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La naissance de petit R, épilogue 38 SG -40 SA : Les derniers jours de grossesse
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Récit de grossesse : Johanne et son petit J

Le jour de l'accouchement

Récit de grossesse : Johanne attend son deuxième enfant, semaine par semaine.

Le jour de l'accouchement


Elle se lève à l'aube ce matin. Elle a senti, une fois encore, elle sait.
Comment ?
Elle l'ignore, mais là est toute la magie du corps et de l'instinct. Doucement, elle le réveille et lui dit qu'aujourd'hui va être un jour magnifique.

Ensemble et avec leur petite Nana, ils font une longue promenade jusqu'au port. C'est un beau dimanche d'automne.

Elle s'était promis de venir une dernière fois contempler le lac .
Elle a besoin de garder en mémoire ces images, ces odeurs, la caresse du soleil sur sa joue.
Elle a besoin d'avoir dans son cour la sérénité de cet instant.

L'après-midi s'étire voluptueusement. Tout le monde dort, mais elle, elle ne veut pas.

Elle doit préparer la maison, le repas de ce soir car elle ne sera pas là. Elle le sait.
Parfois elle me parle tout bas, me caresse tendrement tandis que je viens me blottir au creux de sa main. Elle est sereine.

Il est déjà 17h30 quand elle ressent enfin les premières contractions. Immédiatement violentes.

Elle sait que bientôt je serai là et s'y prépare sans perdre le contrôle de la situation malgré la douleur.
Ses gestes sont précis. Elle sait exactement ce qu'elle doit faire et à quel moment.
Elle me parle, respire calmement, garde une main sur son ventre.

A partir de ce moment-là, plus jamais le contact n'est rompu entre elle et moi. 19h30. Il faut y aller.

Lui pense que c'est une blague qu'il a encore un peu de temps devant lui. Il plaisante, sans doute pour tromper l'angoisse qui l'envahit. Nana panique un peu.
Ne t'inquiète pas petit ange, bientôt tu seras grande sœur.

Le reste s'enchaîne très vite. Douleur violente. Elle a terriblement envie de pleurer mais se contient.
Elle a peur de ne pas y arriver.

Examen du col : dilatation à 8-9 ; là voilà rassurée. C'est pour bientôt.
En effet, rupture de la poche des eaux sur une contraction et à la suivante.elle m'extirpe de ses entrailles dans un long cri de douleur.
Rauque et animal. Rien de médical ; retour aux instincts primitifs.

Il est 20h12 quand pour la première fois je sens la chaleur de son corps contre le mien.
Elle me presse contre elle et me chuchote à l'oreille des mots tendres.

Tout lui revient en mémoire de ces 9 mois : ses inquiétudes, la fatigue, les moments de joie, les doux mouvements de mon corps bercé par le sien.
Tout.
Elle me sert fort et me guide vers son sein. Elle me regarde et me sourit.

Lui reviennent en mémoire les dernières paroles d'un poème de Kipling, et alors qu'on nous laisse seuls pour préserver ces instants magiques, elle me murmure tout bas : 

(...) Si, plus qu'un seul être, pour toi compte l'humain,
Et si face à ce temps à la fuite implacable,
Tu fais à chaque instant ce dont tu es capable,
Permettant que toujours tes travaux s'accomplissent,
Avec tout ce qu'il offre, ce Monde sera Tien.
Et, bien plus encore, tu seras un Homme, mon fils.

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