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On connut ainsi le plaisir tactile, celui des artisans, où la main est si importante. Le forceps et les spatules ne sont que le prolongement de la main, des cuillères que l'on place tactilement, que l'on guide, qui vont permettre de mobiliser une tête, de la tourner doucement, de l'extraire peu à peu, alors que la paroi du périnée glisse et se retire.
La tête fœtales apparaît alors, on la sent « monter », on la dirige, on l'aide avec quelques mouvements minutieux du bras et de la main. Puis voilà l'enfant sur le ventre de sa mère, le premier cri, la tension nerveuse remplacée par la joie de tous. La mère a fait son travail, et l'accoucheur aussi. Tout est en ordre; on ne sent plus la fatigue; on atteint une sorte de paix intérieure, une satisfaction qui fait la valeur de ce métier: être utile!
Bernard Gluckler - Au commencement était la mère.
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Naissance d'une profession: Médecin accoucheur. |
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Depuis toujours, ce sont les femmes qui ont accouché les femmes, les matrones ou les sages-femmes plus tard.
Les médecins ne sont apparus que tardivement dans le courant du XVIIe siècle, et la spécificité de l'obstétrique n'a fait son apparition qu'au XVIIIe siècle, en tant que discipline à part entière (voir jour 178 - Baudelocque)
Ce sont les chirurgiens qui se sont rapprochés de l'art de l'accouchement, même si pendant longtemps il leur a été interdit d'accoucher les femmes.
C'est donc à la fin du XVIIe siècle qu'apparaît le premier ouvrage consacré à l'art de l'accouchement écrit par François Mauriceau (1668), qui deviendra une première référence en la matière.
L'accompagnement de la femme accouchant commence donc à basculer d'un univers féminin basé sur des savoirs et des expériences empiriques, vers un univers plus médicalisé, basé sur l'observation et les savoirs plus scientifiques.
Cependant, les femmes n'acceptent pas si facilement la présence d'un homme, par pudeur.
Le médecin accouche la femme "sous le drap", en la touchant, mais sans la voir. |
La morale s'en mêle, et certains brûlots fustigent "l'indécence des hommes d'accoucher les femmes"... Les encyclopédistes, pleinement dans leur rôle de "Lumières", assureront qu'un "chirurgien accouche mieux qu'une sage-femme"....
La spécificité de ces médecins accoucheurs finit par s'imposer, et plus particulièrement lorsque l'accouchement se révèle difficile.
D'un phénomène de cour, où les médecins accoucheurs étaient appelés dès la fin du XVIIe, le médecin accoucheur va gagner la confiance des villes, puis des campagnes pendant tout le XVIIIe siècle.
Sa science inspire confiance, les premiers instruments ( voir le secret de la famille Chamberlen - Jour 133) sont créés et facilitent les naissances, faisant reculer la mortalité maternelle au moment de la naissance.
C'est après la seconde guerre mondiale, après une lente mutation que les matrones, et le savoir empirique vont complètement disparaître pour laisser place aux techniques que nous connaissons aujourd'hui.
Un joli livre à ce sujet: Au commencement était la mère de Bernard Gluckler.
Sources:
- Les premiers médecins accoucheurs, par Claire Lanaspre. dans Bébés d'hier, sous la direction de Marie Odile Mergnac,
éditions Archives et Culture, collection Vie d'Autrefois.
- Histoire de Naître. Fernand Leroy.

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