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Quand on fait un détour par la mythique antiquité, on ne peut pas faire l'impasse de parler de Soranos.
On connaît bien Hippocrate, pour ses écrits, pour son serment, on connaît beaucoup moins Soranos d'Ephèse...
Et pourtant, il est considéré comme le premier gynécologue de tous les temps!
En effet, la médecine dans l'antiquité était souvent l'une des cordes des arcs des savants... philosophie, astronomie et autres compétences étaient souvent liées à l'étude de la médecine.
Quant à se pencher spécifiquement sur la médecine au féminin, il y a vraiment un monde. Avant Soranos d'Ephèse, il n'existait pas d'ouvrage exclusivement consacré à la femme, sa spécificité et ses maladies. Non que Soranos se soit limité à la gynécologie, il a écrit près de 20 ouvrages sur la médecine en général... par contre, il est bien le premier à avoir écrit un traité de gynécologie.
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Le plus incroyable, c'est que ce traité sera repris, recopié, transmis pendant des siècles (voir Le jardin des Roses, jour 118), jusqu'à la Renaissance, voire au delà (Traité d'obstétrique de François Mauriceau au XVIIe siècle)
On reprend aux débuts.
Soranos est né à Ephèse, dans la seconde moitié du 1er siècle après JC... Il exerce sa profession de médecin sous les règnes de Tibère et d'Hadrien. On a croisé trace de ses compétences en Aquitaine également, lors d'une épidémie qui provoquait des troubles dermatologiques..
Sa pratique lui fait rejeter le déterminisme et le dogmatisme, sa richesse est de s'attacher à l'observation et aux symptômes...
Dans son ouvrage "Des maladies des femmes", les obstétriciens actuels relèvent des attitudes obstétricales censées, dépouillées des pratiques magico-religieuses, voire des dogmes sociaux qui sans cesse reléguaient la femme à un rang naturellement inférieur.
On sent dans son écriture qu'il pratique, qu'il est expérimenté, on sent son choix de méthode.
Il accorde de l'importance au bébé à naître lors d'un accouchement difficile, il est le premier à prévoir la protection du périnée lors de la phase d'expulsion, il met au point la technique de "version podalique".
Il est également le premier à réfléchir aux indications des avortements thérapeutiques pour préserver la future mère lorsque la grossesse met sa vie en danger.
Avouons le, il va même bien au delà de la santé au féminin, il écrit également sur le rôle des sages-femmes, leur travail, leurs techniques... Son ouvrage regroupe également des chapitres réservés à la puériculture, les soins à apporter aux bébés, (voir jour 200, l'emmaillotement d'un poupon par Iulia suivant les recommandations de Soranos), comment choisir une bonne nourrice, comment soigner son enfant.
Ces textes sont d'une grande richesse, d'une grande précision... on y trouve de drôles d'idées biensûr, des (pré)conceptions un peu brutales à la lumière de nos connaissances modernes, mais, ces travaux ont réellement été une pierre angulaire aux connaissances obstétricales.
L'intégral du texte consacré à l'obstétrique a été découvert en 1830 par Friedrich Dietz dans un manuscrit grec de la fin du XVe siècle, qui comprend également une version latine attribuée à un certain Mustio (Rösslin avait apparement repris cette version latine également pour son "Rosegarden").
C'est par ces versions latines, que ses connaissances ont traversé les siècles...
On trouve aujourd'hui aux éditions "Les Belles Lettres", l'intégral en 4 volumes du texte de Soranos d'Ephèse...
Sources:
Histoire de Naître. Fernant Leroy.
L'obstétrique et le vocabulaire du grec ancien. Claude Goffart.
Soranos d'Ephèse. Les belles lettres.

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