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La grossesse molaire

Grossesse molaire : môle hydatiforme partielle ou complète

Grossesse molaire (môle hydatiforme)

Une grossesse molaire est une maladie rare de la grossesse.
La prévalence est d’environ 1 grossesse sur 1000 à 1500.
Cette maladie est également appelée "môle hydatiforme », ou « kystes hydatiformes » .
La grossesse molaire fait partie d’un groupe de maladies appelées « Maladies Trophoblastiques Gestationnelles ».

Une grossesse molaire est le résultat d’une erreur génétique au cours du processus de fécondation qui provoque la croissance de tissus anormaux dans l'utérus.

Préambule

• Retour en génétique

Les chromosomes se trouvent au coeur des noyaux de chaque cellule du corps.
Ils transportent les informations génétiques sous forme de gènes.
Chaque cellule contient 46 chromosomes, organisés en 23 paires.
Un chromosome de chaque paire vient de la mère, l’autre chromosome de chaque paire vient du père.
C’est ce qui constitue le code génétique de chacun d’entre nous.

• Retour sur la fécondation

Dans le schéma classique de la fécondation, l’ovule (l’oeuf) contient 23 chromosomes, le spermatozoïde contient également 23 chromosomes.
Donc, l’oeuf fécondé contient 23 chromosomes maternels et 23 chromosomes paternels, soit 46 chromosomes.

• Retour sur la différenciation cellulaire après la fécondation

Dès la fécondation, les cellules en développement vont se différencier.
Certaines cellules vont constituer l’embryon, d’autres vont constituer le placenta et les membranes amniotiques.
Les cellules qui constituent le placenta sont appelées cellules trophoblastiques.
Ce sont ces cellules qui vont permettre l’implantation de l’oeuf dans la paroi utérine.
C’est l’activité de ces cellules qui déclenche la sécrétion de l’hormone bêta hCG.

Qu’est-ce qu’une grossesse molaire, ou un môle hydatiforme ?

Dans le cas d’une grossesse molaire, la répartition des chromosomes maternels et paternels est anormale, pouvant provoquer deux types de môle : une môle complète ou une môle partielle.

Une « môle complète »

La môle complète survient lorsque l’ovule (l’oeuf) ne contient pas d’information génétique, il ne contient pas les 23 chromosomes maternels.
Seuls sont présents les 23 chromosomes paternels.
Habituellement, cet oeuf « vide » ne s’implante pas dans l’utérus après une fécondation.
Mais parfois, il arrive que l’implantation ait lieu.
Dans ce cas précis, les cellules trophoblastiques se multiplient et grandissent en une masse de kystes qui s’organisent en forme de grappe de raisin.
Dans la situation de môle complète, il n’y a pas de foetus, pas de placenta, aucune membrane amniotique.

Une « môle partielle »

La môle partielle survient lorsque l’oeuf contient les 23 chromosomes maternels, mais le spermatozoïde lui, en contient le double, soit 46 chromosomes.
Cela peut se produire dans 2 situations :
- soit parce que l’oeuf a été fécondé par 2 spermatozoïdes,
- soit parce que le spermatozoïde duplique son matériel génétique à l’intérieur de l’oeuf.
La conséquence est que l’oeuf fécondé contient 69 chromosomes au lieu de 46.
Dans la situation de môle partielle, il y a trop de matériel génétique et trop de cellules trophoblastiques qui se développement.
Un embryon et l’ébauche d’un placenta commencent à se développer, mais l’anormalité chromosomique couplée au développement des cellules trophoblastiques en surnombre compromettent le développement de l’embryon.
 
Une autre version (très rare) d'une môle partielle est quand des jumeaux sont conçus, mais un embryon commence à se développer normalement et l’autre partie est constituée de cellules anormales.

Grossesse molaire - Symptômes :

Une grossesse molaire a cela de particulier qu’elle peut provoquer tous les symptômes d’une grossesse habituelle.
Nausées et vomissements, tensions dans la poitrine sont les symptômes les plus fréquents.
Comme décrit dans le préambule, les cellules trophoblastiques se multipliant en surnombre, l’hormone bêta hCG est sécrétée, entrainant la chaine des symptômes d’une grossesse.
 
Le symptôme qui peut vous alerter est un saignement vaginal pendant le premier trimestre, mais les saignements ne surviennent pas dans tous les cas.

L’augmentation rapide du volume de l’utérus peut également être un symptôme qui vous alerte.

Très rarement, la grossesse molaire entraine des problèmes de tension artérielle pouvant entrainer une pré-éclampsie, une hypermérèse gravidique ou une hyperactivité de la glande thyroïde.

Mais, malgré tout et très souvent, aucun symptôme ne laisse suspecter le développement d’une môle.

C’est par l’échographie et le taux très élevé de l’hormone hCG que la môle peut être diagnostiquée.
C’est donc au moment des examens médicaux que la maladie est révélée.

Témoignage de Martine :

"Ma première grossesse s'est avérée être une « grossesse molaire ». Lors de la première échographie à six semaines, nous avons vu un battement de cœur et un embryon de 5 mm.
 
Aucun problème n’est survenu dans les jours qui ont suivi, à l'exception de quelques taches de sang très mineures. Nous avons vu le médecin toutes les 3 semaines et il n’a remarqué aucun problème non plus.
 
À 12 semaines, nous avons choisi d'effectuer une biopsie des villosités choriales à la clinique, mais quand ils ont fait les vérifications préliminaires pour la position du fœtus ils n'ont rien trouvé . Nous avons été immédiatement emmenés à l'étage pour une échographie et à nouveau il n'y avait rien à voir.

Les consultants étaient très doux et gentils, mais ils ont dû nous dire qu'il n'y avait pas de bébé. Nous étions complètement abasourdi et dans un état de choc " .

Diagnostic et Traitement de la grossesse molaire

• Si vous êtes amenée à consulter en urgence parce que vous avez des saignements

Vous allez être menée à faire une échographie.
Parfois, l’échographie révèle immédiatement les caractéristiques d’une grossesse molaire, d’autres fois, l’aspect révélé par l’échographie fait suspecter une fausse-couche.

• Si vous n’aviez aucun symptôme

C’est l’examen échographique qui va révéler la grossesse molaire.

Dans les deux cas, votre médecin vous prescrira une analyse du taux de l’hormone hCG.
Un taux élevé de l’hormone hCG couplé aux aspects caractéristiques de l’échographie permet de poser le diagnostic d’une grossesse molaire.

Prise en charge et traitement de la grossesse molaire

La môle hydatiforme doit être retirée aussi complètement que possible.
Le contenu utérin est évacué par aspiration et curetage sous contrôle échographique. Cette opération est effectuée sous anesthésie générale.

Après l'opération

Suivi échographie

Deux semaines après votre opération, vous allez passer une nouvelle échographie pour vérifier qu’il n’y a aucune rétention molaire.

Suivi biologique

Après l'opération, le taux de hCG va tomber régulièrement au cours des 3 à 4 semaines suivantes, puis plus lentement pendant les semaines qui vont suivre.
Vous allez être menée à vous rendre au laboratoire d’analyses chaque semaine, pour faire une prise de sang permettant de contrôler l’involution du taux d’hormone hCG jusqu’à ce qu’il devienne négatif.

Une fois que le taux de hCG est négatif sur 3 dosages hebdomadaires, le suivi continue malgré tout, vous devrez faire un dosage mensuel sur 6 à 12 mois, en fonction du type de môle dont vous avez souffert.

Une nouvelle grossesse après une grossesse molaire

• Si vous avez développé une môle hydatiforme partielle, vous pourrez envisager une nouvelle grossesse lorsque le taux de hCG a été négatif pendant 6 mois.

• Si vous avez développé une môle hydatiforme complète, mais que le taux de hCG a été négatif en 8 semaines ou moins, vous pouvez envisager une nouvelle grossesse lorsque les différents dosages du taux de hCG se sont avérés négatifs pendant 6 mois.

• Si vous avez développé une môle hydatiforme complète mais que le taux de hCG a mis plus de 8 semaines à être négatif, vous pourrez envisager une nouvelle grossesse lorsque le taux de bêta hCG a été négatif pendant 12 mois.


Dans la grande majorité des cas (de 95 à 85 % des situations), le traitement mis en place après la découverte d’une grossesse molaire suffira à éradiquer la maladie.
Il n’y aura aucune suite et le protocole de suivi et de surveillance sur plusieurs mois vous permettra d’envisager une nouvelle grossesse.

Mais dans 5 à 15 % des cas, le protocole mis en place ne suffit pas à enrayer la maladie.
La rétention molaire risque de se transformer en tumeur trophoblastique gestationnelle.
La surveillance des taux de beta-hCG permet de diagnostiquer cette éventuelle évolution et de mettre en place un nouveau type de prise en charge.
Pour plus d’informations sur ce sujet : Prise en charge des tumeurs trophoblastiques gestationnelles (à venir)