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L'annonce de la mort in utéro - voir son enfant, le prendre dans ses bras
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L'annonce - le jour où le miroir se brise

L'annonce de la mort in utéro - le jour où le miroir se brise.

La prise en charge : le jour où le miroir se brise

 

Importance de l'annonce et de l'aide apportée aux parents pour accueillir leur enfant


Les interruptions médicales de grossesse sont de mieux en mieux prises en charge ; les parents ont maintenant de plus en plus souvent la possibilité de préparer l'accueil de leur enfant, même si tout cela est encore loin d'être généralisé.

C'est rarement le cas pour ce qui est des morts in-utéro : l'annonce tombe comme un couperêt, inattendue, et le souhait des parents s'accorde aux protocoles médicaux pour « en finir » au plus vite.
Les parents, préparés à la naissance de leur enfant ne sont en aucun cas préparés à l'accueillir décédé.
Notre société éludant de plus en plus le sujet de la mort en général et plus particulièrement celle des enfants, personne qui ne soit concerné directement ne semble savoir en quoi pourrait consister ces préparatifs.

Cette rencontre est donc fréquemment à l'origine de regrets futurs pouvant avoir des conséquences très graves.
C'est là qu'une prise en charge éclairée de l'équipe médicale est primordiale.

Pris au dépourvu, les parents refuseront souvent une bonne partie de ces propositions qu'ils jugeront aberrantes sur le moment (comment accepter des photos de son enfant décédé ou même de le tenir? parfois de le tenir dans ses bras alors même que l'on a pas encore réalisé sa mort ?).

L'important est que ces propositions aient été faites : souvent les parents reviennent sur leur positions quelques jours plus tard, il est même souvent encore temps.


Que peut-on faire pour accueillir cet enfant ?


Quand le médecin m'a annoncé la mort de ma fille, je suis restée bouche bée, puis j'ai crié, j'ai murmuré et je suis tombée dans une espèce de léthargie.
Après avoir compris que je ne pourrais pas rentrer chez moi comme je prétendais le faire, j'ai demandé : que va-t-il se passer ?
La sage femme m'a répondu : « elle va naître »

Je me souviens l'avoir regardé droit dans les yeux et de lui avoir dit de trouver un autre terme, un enfant mort de ne peut pas naître c'est une antinomie.
Mais s'il ne naît pas qu'est-il ? que fait-il ? il n'y a aucun terme pour qualifier l'arrivée des enfants morts.
Comment alors lui trouver une place ? comment réagir ? que fait-on dans ces cas là, quand on aime son enfant et que la vie nous force à vivre le pire ?

Aussi horrible que cela puisse paraître sur le moment, c'est l'unique chance que l'on ait de se créer des souvenirs de cet être qui, quelques heures plus tôt devait faire partie de nos vies pour de nombreuses années.

A cette annonce, je n'ai pas envisagé une seule minute que j'allais devoir accoucher naturellement.
Je pensais que j'allais sûrement être césarisée et que tout serait fini en quelques minutes.
J'ai mis 17h à accoucher naturellement de ma fille : c'est la chose la plus intense que nous aurons jamais partagé elle et moi, la plus terrible, mais rétrospectivement la plus nécessaire.
Je n'ai pas réussi à la prendre dans mes bras, cela s'est avéré au-dessus de mes forces.
Ce qui ressemble le plus à ce que j'ai ressenti à ce moment là , c'est que si je la voyais, mon cour se briserait en des milliers de morceaux et que jamais plus, non jamais, je ne pourrai les recoller.

Cette expression est presque à prendre au sens littéral : j'ai été terrifiée que mon cour soit brisé à jamais, de ne plus jamais pouvoir m'arrêter de pleurer si je la voyais... peut être de devenir folle.