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Comment soutenir les parents qui viennent de perdre leur bébé ? Perdre un enfant : colère et désespoir
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Le deuil périnatal et l'entourage : cette colère et ce désespoir qui font peur

Les multiples réactions de l'entourage face à la mort d'un enfant

Le deuil et l'entourage : Cette colère et ce desespoir qui font peur


 

Les réactions de l'entourage



Certaines personnes vont choisir de fuir une situation trop dure pour elles : elles disparaîtront du jour au lendemain sans la moindre explication. Elles resteront parfois devant leur téléphone sans oser appeler jusqu'à ce que les jours aient trop défilés pour le faire enfin, ou alors elles vous diront franchement qu'elles ne peuvent pas assumer, ce qui est très dur à entendre.

Ma meilleure amie, que j'avais supplié de rester près de moi le soir de l'enterrement m'a calmement demandé de ne pas lui imposer ça et est allée passer sa soirée en boite de nuit.
Certaines vont rester, mais ne tiendront pas devant la détresse persistante des parents et s'éloigneront peu à peu.

D'autres se montreront littéralement odieuses et auront des mots d'une méchanceté inexplicable comme :
« Ne vous plaigniez pas, vous au moins vous pourrez dormir » (venant d'une jeune maman qui avait des nuits difficiles)
« Tu es sûre que tu as tout fait comme il fallait ? »
« Arrête de profiter de la mort de ta fille pour te plaindre ! »

Et puis il y a ceux qui restent.
Ils héritent d'une tache difficile et vivent constamment sur la corde raide au côté des parents : à la moindre phrase maladroite ils peuvent provoquer une peine, une colère et une rancour immense.
Même avec le recul, ces phrases ne seront jamais oubliées. Et en même temps les parents éprouveront pour ceux qui sont restés près d'eux malgré la tempête, une reconnaissance infinie.

A vous qui avez le courage de rester, je voudrais vous adresser un profond merci, car j'ai appris à mes dépends que ce que vous faites est loin d'être un acte évident.

J'aimerais, si vous me le permettez, vous donner quelques conseils.


Ce qu'il vaut mieux ne pas faire ou dire :


Evitez avant tout les phrases du style de ce qui suit, car même si vous les prononcez avec les meilleures intentions du monde, elles ne provoqueront que colère ou chagrin.

« Ce n'est pas grave, vous êtes encore jeunes. »
Mais si, ce qui arrive est très grave. Vous n'aiderez pas les parents en essayant de minimiser la situation, vous leur ferez simplement mal. Quant au fait d'avoir la chance d'être encore jeune, ça ne les aidera pas à ramener cet enfant qui est le seul qui compte à cet instant.

« C'est moins grave que si vous aviez vécu avec lui / Il vaut mieux maintenant que plus tard »
Y a-t-il un moment préférable pour perdre un enfant ?
Et même si vous estimez que c'est le cas, demandez vous simplement si ce genre de remarques est judicieux et peut apporter quelque chose aux parents à ce moment précis, alors qu'eux cherchent désespérément la reconnaissance de leur enfant en tant que tel.

« Ma femme a fait une fausse couche, nous pouvons tout à fait comprendre »
Justement non, vous ne pouvez pas « tout à fait » comprendre.
Vivre une fausse couche peut être dramatique, mais la situation n'en est pas moins différente.
Un couple qui est allé si loin dans la grossesse, peut-être jusqu'au terme même, traverse bien d'autres choses et il lui parait inconcevable que l'on identifie cette perte à une fausse couche.

« Arrête d'y penser, cela ne le/la ramènera pas / Il faut oublier et penser à l'avenir »
Cela ne les ramènera pas c'est évident, mais occulter la situation est tout bonnement impossible, au-delà même du fait que cela n'apporterait rien. Avant de penser à l'avenir, il convient de vivre le présent.

« C'est peut être mieux comme ça »
Ah bon ? désolée c'est tout ce qui me vient. mon enfant est mort est c'est mieux comme ça ?.
Je comprends que cette phrase toute faite puisse sortir malgré vous, mais avec un peu de réflexion, vous comprenez sûrement qu'elle ne peut avoir de sens.

« Vous en ferez vite un autre / Vous en aurez d'autres / Vous en avez d'autres »
Oui, mais en quoi cela peut-il aider à faire revivre celui qui est mort ?
On ne remplace pas un enfant. Ne faites pas l'erreur de croire que c'est parce qu'il n'est pas né que l'on ne connaissait rien de lui.
In utero, les enfants ont déjà leur caractère propre, et c'est cet enfant là qui va nous manquer.

« Surtout n'en faites pas un autre tout de suite » (variante : pas avant 6 mois, un an, deux ans)
Vous avez sûrement mûrement réfléchi avant de donner ce conseil. Mais sur quoi vous basez vous pour le donner ?
Même les parents qui ont vécu ce drame ne donneront jamais d'avis aussi tranché à d'autres parents.
Ils savent simplement que la seule solution valable dans ce cas est-ce que les parents ressentent le besoin de faire. S'ils font ce que leur cour leur dit, il ne se tromperont jamais.

« Vous devez / vous ne devez pas »
Peu importe la phrase qui va suivre... Oubliez les grandes vérités, il n'y a pas de règle.

« Il faut vous bouger et reprendre le dessus maintenant »
Inutile de leur mettre le pression, même si vous croyiez que c'est pour leur bien, ils reprendront le dessus quand cela leur sera possible. Pourquoi voudriez vous qu'ils le fassent avant ?
Il faut prendre le temps de s'effondrer pour mieux se redresser.
Laissez leur le temps du deuil ! Même si notre société veut que tout aille vite, que les battants reprennent le dessus en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ce serait une erreur.
Evitez de raconter vos propres malheurs.

Si vous voulez vraiment aider pensez que pour le moment rien ne compte plus pour eux, car le monde s'est écroulé.
Je suis persuadée qu'en lisant ces phrases, beaucoup d'entre vous pensent qu'ils ne les auraient jamais prononcées de toutes façons. Je suis loin d'en être persuadée.
J'ai entendu ces mots dans la bouche des personnes les plus sensibles et les plus intelligentes de mon entourage.
J'ai même parfois eu l'impression qu'ils venaient comme ces phrases que l'on se répète en boucle qu'il ne faut surtout pas prononcer et qui sortent bizarrement quand même toutes seules dès que l'on ouvre la bouche.

Tous les encouragements que vous pourrez trouver ne sont pas forcément mauvais.
Il y a seulement peu de chances pour que vous ayez le bonheur de dire la bonne phrase au bon moment.
Ne croyez pas pour autant que vous n'avez plus qu'à laisser tomber !
Il y a des choses par lesquelles vous ne ferez jamais de mal et qui procureront aux parents l'aide que vous cherchez justement à leur apporter.