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Les témoignages de n'être

Laëtita et Esteban : la mort subite du nourrisson

Esteban, mon ange



Voilà mon prénom est laetitia et voici l'histoire de mon fils.

Le 8août 20**: un bel après midi ensoleillé a 14h44, nait un beau petit garçon pesant 3.440kg et 49.5cm, très beau avec des yeux bleus et blond de cheveux que je prénommerai ESTEBAN mais que dès sa naissance, j'appelerai mon ange.

Le 12août 20**:je rentre chez moi avec mon bébé enfin seule avec lui sans infirmière ni medecins.
Le 17août 20**: mon ange a de la fièvre dans l'après midi, il monte jusque 38.4°, malgré tout ce que je faisais pour la faire baisser je décide d'aller a l'hopital de Peruwelz et là, ils me disent que c'est rien que ca va finir par passer et me renvoie chez moi.

La nuit du 17 au 18 août 20**: la fièvre ne baisse pas il monte même à 39.9°, ce que je ne trouve pas normal et je me rend en pleine nuit a l'hopital de Tournai ou ils l'examinent (prise de sang,test d'urine,ect....) mais on trouve rien.

Le 18 août 20**: comme on a toujours rien trouvé, la pédiatre de garde décide de faire des examens pour la méningite et me dit qu'il faudra attendre, car il faudra attendre de savoir si elle est bacterienne ou virale (dangereuse ou pas) et qu'en attendant, il sera sous antibiotique au cas où.

Le 19août 20**: les résultats arrivent : c'est bien la méningite seulement on ne sait pas encore laquelle.
"Il faut encore attendre" me dit la pédiatre, donc on attend.

Le 20août 20**: enfin on sait quoi "c'est une meningite virale".
Oufffffffff mon ange va s'en sortir sans aucune sequelles. En plus, plus jamais je ne veux revivre un moment pareil. Pourtant je suis loin de me douter que le pire jour de ma vie est à venir.

Le 22 août 20**:on rentre enfin chez nous. Mon ange va très bien. C'est un bébé très éveillé trouvent les pédiatres.

Tout va bien jusqu'au jour du 19 septembre 20** : je me lève, il est alors 7 heures car mon fils a faim alors je lui donne le sein et me recouche car je suis crevée.

9 heures : je me relève et regarde mon fils qui a la tête sur le coté et je vois que son coté gauche de sa tête (celui qui est posé sur la taie d'oreiller) est bleu.

Je crois tout d'abord qu'il a deteint, car il transpirait beaucoup et que sa taie est de couleur jaune avec des taches foncées dessus, donc pas de panique, c'est rien que de la couleur.
En me rapprochant, je rigole et lui dit tout en le prennant dans mes bras"et alors mon ange tu as deteint", une phrase que je n'oublierai jamais et qui me fera toujours mal a entendre ou dire.
Là, je remarque qu'il ne réagit pas et en plus il a un peu de sang qui coule de son nez.
J'ai peur et crie mais il ne réagit toujours pas donc on appelle le 100 et on doit attendre en attendant.

Comme je connaisais le bouche à bouche que l'on pratique au bébé, je l'ai pratiqué jusqu'à l'arrivée des ambulanciers qui sont rentrés en trombe dans la maison, ont regardé mon ange et sont partis en courant dans l'ambulance sans que je puisse rentrer.

Donc j'ai du attendre les plus longues minutes de ma vie.
Pendant ce temps je criais de toutes mes forces pour qu'on le sauve.
"Sauvez mon bébé je vous en prie" .

Quand, soudain, une des ambulancière arrive me donne un cachet à prendre (un calmant)
Je le prends, et elle m'emène dans l'ambulance.

Là, je vois une scène horrible : mon fils sur la table, le pyjama déchiré et des éléctrodes sur le corps, en m'approchant, j'ai vu le sang de son nez qui goutait encore un peu.
Là, les ambulanciers m'ont regardé et m'ont dit " desolé Madame mais on ne peut plus rien faire".

Je ne comprenait rien, même si au fond de moi, j'avais compris.
Ensuite ils m'ont fait rentrer dans ma maison avec mon ange que j'ai changé et ensuite on ne m'a pas dit ce que je devais faire.
L'ambulance est partie et je faisais comme si il dormait.(au fond de moi je savais mais ne voulais pas l'admettre)
Et puis sous calmant, ça va mieux.

Les quelques heures qui suivent, j'étais dans un autre monde. Je ne savais même pas ce que je devais faire et je restais là jusqu'au moment où mon medecin traitant est arrivé et m'a emené à l'hôpital de Tournai où on me met dans une chambre en pédiatrie.

Et là encore une fois, je crois qu'on va sauver mon bébé. On me laisse là de 10h30 à 17h30, sans rien dire, sauf venir me dire" il faudra faire une autopsie ce serait mieux pour lui ".

Dans le monde dans lequel je vivais à ce moment là, je n'avais pas compris et croyais que c'était pour le sauver, donc je dis "oui" et ensuite, on a attendu 17h30 pour venir me chercher et me dire il faut suivre l'infirmière.
Elle vous emenera là où le petit va rester jusque demain quand les medecins seront là pour l'autopsie.
Ensuite vos pompes funèbres viendront le chercher et vous pourrez le voir là bas (toujours rien compris).

Mes parents de ma famille d'acceuil sont là et me suivent jusqu'à ce fameux endroit.
En arrivant devant la porte il est écrit MORGUE, un mot qui ne voulait rien dire (bien que j'en connaisais la signification).

A ce moment là, je rentre et vois un berceau en plastique posé sur un brancard derrière un rideau, et en plus, il fait froid. Là, on me dit : déposez le là, et dites lui au revoir, vous pourrez le revoir demain.

Ce que je fais, mais toujours sans savoir ce que je faisais vraiment. Mais tout ce temps, de 9 heures du matin a 17h30, je l'ai passé à le comptempler. Il est si beau, et là, je lui fais un bisou et lui dit à demain mon ange.

C'était la première fois que je le laissais plus de 2 minutes sans moi.
Quel horrible sensation quand mes parents me tirent vers dehors pour me mettre dans la voiture.
Il me manquait quelqu'un, mais je ne comprenait toujours pas ce qui se passait.

Les heures passent, les démarches pour les pompes funèbres se font par mes parents.
Et je suis tout le monde comme une automate.
On rentre ensuite chez eux, où je passerai la nuit et les prochains jours.
Bien sûr et là, il est plus ou moins 21h30 quand tout s'eclaircit ( le calmant qui ne fait plus effet qui sait) et je comprends.

Tout est clair , des mots me reviennent en pleine figure "mort, morgue, fin, mort subite, décédé depuis une heure, peux plus rien faire,........"

Horrible, ça fait mal, je crie, je hurle, je pleure, j'ai mal au fond de moi, ça me déchire.
"Mon bébé, rendez le moi je vous en supplie, non je veux pas, laissez moi le voir, l'embrasser,le toucher ,le sentir, le voir, non je vous en prie rendez le moi, je veux pas".

Tout ces cris qui sortent et ça fait de plus en plus mal au fur et à mesure que je comprends.
La nuit passe et je la passe a crier de toutes mes forces, et pleurer et encore pleurer... mais rien n'y fait, ça fait mal.
Je souffre, je ne veux pas l'admettre. Tout ça n'est pas vrai, je vous en prie c'est un mauvais rêve. Je vais me réveiller.
Et ben non.

Le 20 septembre 20**: il est près de 14 heures, et je pleure toujours.
On reçoit un coup de téléphone. Ce sont mes parents qui décrochent et viennent me chercher et me disent "on peux aller le voir, il vient d'arriver".

Ok, pas de problèmes. Là encore, j'espère que je vais le voir rire, me regarder et je suis.
On arrive au pompes funèbres et là, je rentre. On nous emène derrière un rideau et là, je vois une chose horrible : "mon bébé dans un cerceuil blanc les mains croisées et un bonnet sur la tête il avait une fleur rouge dans ses mains. Je ne peux pas voir ça. Je me retourne et pleure. Je risque même de m'écrouler, mais je veux lui dire au revoir.

Cette fois, c'était très clair. Ce sont les dernières heures que je le verrai. C'est bel et bien fini.
"Fini. Non, je veux pas que ce soit fini" , je veux qu'il vive. Mais rien n'y fait, je ne peux rien faire, sauf le comtempler et lui dire qu'il peut partir.
La pire phrase que j'ai du prononcer dans ma vie.

Je profite des derniers moments que j'ai pour l'embrasser, le toucher, le caresser, mais je n'ai pas le droit normalement de le toucher . Je dois faire attention qu'il ne bouge pas (car il a été autopsié, et c'est pas bon )
Il a encore du sang dans son nez, mais il me semble plus beau à chaque seconde qui passe.
C'est là que je passe ma journée et aussi la suivante.

Le 22 septembre 20**: il faut aller au pompes funèbres pour suivre le corbillard, mais ils m'avaient promis de ne pas fermer avant que je revienne lui dire au revoir une derniere fois.
Quand j'arrive, on ne me laisse pas rentrer, et je dois attendre dehors. Là, je vois qu'il arrive avec ce cercueil fermé, et je ne peux plus tenir . Ils ne m'ont pas laissé lui dire au revoir.
Je pleure encore et fais ce que m'on me dit de faire.

Voilà, c'est fini. je ne le verrai plus jamais. Il est sous terre, et ça fait plus mal encore, mais je dois survivre pour le revoir un jour.

Ce qui a été dur à accepter, mais c'est comme ça, la vie est cruelle et on doit rien dire et suivre le cours des événements en se taisant (put*** de vie qui fait mal).

Mon ange voila ton histoire. J'ai enfin eu le courage de la raconter après trois ans.
Je t'aime mon ange, ne l'oublie jamais, je voudrais tellement te voir, te toucher, te sentir, mais rien ne m'est permis de faire, à part penser à toi, et ça, personne ne m'en empechera, juré, je t'adore, tu es mon ange et je sais que tu veille sur moi, mon ange d'amour, je t'embrasse dans mes rêves, à bientôt mon amour.

Ta maman qui souffre que tu ne sois plus là, mais qui survit comme elle peut, et aussi pour ta petite soeur Loëlia qui est une merveille.
Merci de veiller sur elle mon amour d'ange.

Laëtitia

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