2.
Une grossesse identique? Ou une grossesse différente?
Votre première grossesse est restée gravée en vous...
les bons côtés et les moins bons. La magie des premières
sensations de ses mouvements (maintenant qu'il dévaste sa chambre...),
votre ventre qui prend des proportions inimaginables, l'accouchement dont on se
faisait une montagne... Et maintenant, vous voilà repartie dans cette
expérience...
Vous reconnaissez certains signes... La fatigue des premiers mois (qui est finalement
relativisée par celle que vous avez connue à la naissance de votre
aîné...), les nausées, votre poitrine qui reprend une jolie
forme ronde... Mais pour certaines d'entre vous, le parcours est complètement
différent. Les sensations ne sont les mêmes, presque absentes,
ou beaucoup plus violentes.
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| Les
sensations: Le corps garde-t-il en mémoire que vous avez déjà
porté un enfant? C'est une question à laquelle il est difficile
de répondre, mais pour certaines d'entre vous, la grossesse débute
avec la sensation bizarre que le col tire fortement, sensation inquiétante
et douloureuse que seul un grand repos parvient à calmer. Nous avons
posé la question au Dr Hélène Aguilon
(gynécologue obstétricienne à l'hôpital Louise Michel
à Evry), voici sa réponse: "C'est en effet une douleur
dont les femmes multipares me font souvent part, et de ma propre expérience,
je l'ai ressenti lors de ma seconde et troisième grossesse. Je ne saurai
l'expliquer mais c'est un fait réel, il n'y a aucun danger, et cette douleur
disparaît vers la fin du second mois". Plus tard dans la grossesse,
vous percevez plus précocement les mouvements de votre bébé,
en général vers la 15e semaine de grossesse (17e semaine d'aménorrhée).
Pour certaines d'entre vous, c'est à l'approche de la première échographie
que des petits signes vous interpellent... Aux portes de l'accouchement,
vous reconnaissez certains signes déjà ressentie, et vous abordez
cette phase de transition de façon beaucoup plus sereine.
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Le vécu de la grossesse:
Un investissement plus intensément vécu:
Certaines femmes revivent la magie de la grossesse, et prennent plus le temps
de la vivre. Leur première s'était déroulée sur
les chapeaux de roues, et elles n'étaient parvenues à s'arrêter
qu'au moment du congé maternité, et encore en parvenant difficilement
à apprécier les quelques semaines du congé maternité.
Pour cette nouvelle grossesse, elles prennent la décision de s'investir
en elle-même. Les cours de relaxation en piscine, l'haptonomie, le chant
prénatal, ou simplement apprendre à faire le lézard dans
le canapé, bref, elles prennent le temps de s'arrêter, de ne pas
courir et d'apprécier ces 9 mois qui se font rares dans une vie...
Un passage obligé: D'autres au contraire
considère cette grossesse comme un passage obligé pour avoir un
petit second, et franchement, elles se passeraient bien de voir à nouveau
leur corps mobilisé. La grossesse n'étant pas forcément
un plaisir pour toutes les femmes, elles n'ont qu'une hâte: que cela finisse!
Objectif bébé:
C'est un aspect important et très différent d'une première
grossesse, et c'est peut-être principalement en cela que cette grossesse
diffère de la première... Cette fois ci la décision de faire
un enfant a été prise en toute connaissance de cause, et l'intérêt
réside surtout dans le fait d'avoir un petit second, et moins dans le fait
de le porter. Et dans
tous les cas: Que l'on décide de ralentir,
ou que ce soit un passage obligé, il est une réalité valable
pour toutes les femmes: il y a un petit aîné qui vous demande toujours
autant d'attention, voire" un peu plus". Quelles que soient les
circonstances de votre grossesse, vous devez continuer à assurer la vie
familiale, et maintenir le rythme, ce qui n'est pas si évident... La
fatigue du premier trimestre, le besoin de repli sur soi que l'on ressent parfois,
l'investissement psychique dans la grossesse, tous ces facteurs entraînent
un changement dans notre comportement qui n'est pas forcément bien interprété
par l'aîné Voici le Témoignage
de Roxanne, maman de Hugo, 4 ans, et enceinte de Louis ( 32 SA). "
J'ai ressenti le bébé très tôt dans ma grossesse, à
la 10e semaine (SG), et cela m'a beaucoup marqué: sa présence était
une réalité beaucoup plus tôt que pour Hugo! C'était
comme une brusque prise de conscience qu'un bébé allait réellement
arriver. Moi qui m'attendait à une grossesse identique, si elle l'est
dans mon corps, elle ne l'a pas été dans mon esprit dans cette période.
Je me suis repliée, j'avais besoin de temps et d'espace de vide pour intégrer
la nouvelle... je passais des moments de silence et d'inaction que Hugo n'a pas
apprécié... C'est une période où il a été
difficile, demandant dix fois plus d'attention que je ne pouvais lui donner, provoquant
des tensions. Par mon indisponibilité, je lui demandais plus d'autonomie:
jouer seul, apprendre à mettre ses boutons lui-même et j'en passe.
Et c'est biensûr la réaction inverse qui est arrivée...
Il voulait être avec moi à des moments où je n'étais
pas à l'écoute, et quand j'étais prête, c'est lui qui
ne voulait pas! Compliqué! J'avais une grosse culpabilité à
ce sujet, et j'ai fini par en parler avec une amie, qui m'a dit que j'avais été
exclusivement présente pour lui pendant 4 ans, et que mon indisponibilité
actuelle n'était finalement pas plus mal, puisque lorsque le bébé
serait là, je ne pourrais pas répondre à chacune de ses demandes...
que c'était donc une bonne chose. Direct, comme toujours avec cette
amie (mais c'est pour ça qu'elle est mon amie...), mais efficace.
Je me suis finalement autorisée ces périodes de "rien",
et j'ai expliqué à Hugo que j'étais très fatiguée,
que j'avais besoin de me reposer un peu plus pour le bébé... et
en quelques jours nous avons construit un nouveau moment pour nous deux: se poser
dans le canapé, et ne rien faire d'autre que de regarder les jeux idiots
du programme télé, blottis l'un contre l'autre. Et depuis le
début du 4e mois, c'est le passage rituel du début de soirée,
du rien à deux, un moment où Hugo se calme de sa journée
d'école, et moi de ma journée de travail, et on repart pour le reste
de la soirée!"
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