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LE VOIR, LE PRENDRE DANS SES BRAS. Le
faire doit rester le choix exclusif des parents. Les pousser dans un sens
ou dans un autre au nom du sacro-saint travail de deuil est une bêtise. Les
psychologues eux même le disent : chaque personne réagit de façon différente,
et même si le temps presse, si les parents auront forcément l'envie, même si ce
n'est que des années plus tard, de connaître les traits de leur enfant et de le
serrer dans leurs bras, le faire à ce moment précis, contraints, peut être pire.
Est-ce que je regrette aujourd'hui mon choix de ne pas avoir tenu ma fille dans
mes bras ? Ma réponse est non. Ce que je regrette, c'est de ne pas pouvoir
vivre ce moment maintenant que j'en serais capable et que je le désire. Mais
je sais pertinemment qu'à ce moment précis c'était impossible. Quelques jours
plus tard, lors de la mise en bière, j'ai éprouvé le besoin de la voir enfin ;
j'ai compris que c'était ma dernière chance et que je ne pouvais pas la laisser
passer. La voir quand j'y ai été prête a été une très bonne chose, même si
cela n'a été qu'une poignée de secondes.
Mais il y a tellement de récits
magnifiques de ces rencontres entre les parents et leurs enfants empreints d'une
telle sérénité que cela prouve bien que toutes les possibilités à ce sujet sont
bonnes tant qu'elles sont décidées par les parents eux-mêmes.
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PRENDRE DES PHOTOS. Quand on m'a proposé de prendre des photos de
ma fille alors que je venais à peine de la mettre au monde, j'ai été partagée
entre la colère et l'incompréhension . Je crois que tous les parents à qui
cela a été proposé et qui n'avaient jamais eu à réfléchir à la question ont été
choqués au premier abord. Quelque est été leur décision à ce moment là, je sais
que tous ont eu besoin de ces photos que ce soit des jours, des semaines ou des
années après, et que ceux qui ne les avaient pas l'ont regretté.
Mon mari
et moi avons « senti » que nous allions les vouloir, je pense.. nous avons accepté.
On peut regretter de ne pas avoir ces photos mais jamais de les avoir prises
( si on ne veut pas les voir, on peut les laisser dans un placard, mais les voir
alors qu'elles n'ont pas été prises est impossible). Aujourd'hui voir son image
me fait un bien fou même si j'ai cru devenir folle en les regardant la première
fois. Folle parce que les hôpitaux qui pensent à le proposer les prennent
le plus souvent au polaroïd. Sarah a été prise sur un plateau en métal, recouverte
seulement d'une couche. Oui ça fait mal ! Oui la mort est atroce à voir sur
le corps entier de son enfant, mais ce qui reste au final, c'est ce que vous trouverez
de beau en lui et tout simplement ce qu'il a été.
C'est aussi le moyen
de l'accompagner et de l'aimer pour ce qu'il a été , et d'être son père ou sa
mère, vraiment, en regardant en face ce qu'il a traversé. Certaines photos
peuvent être magnifiques, prises au numériques dans des conditons humaines.
A l'ère du numérique, pitié jetez vos polaroïds, que les Sages femmes n'aient
plus peur d'habiller le bébé ou au moins de l'envelopper dans une couverture,
les parents ont besoin également de souvenir tendres. J'ai ce manque pour
toujours.
. TOUTES CES PETITES CHOSES... Une
mèche de cheveu, des empreintes de pieds et de mains, un bracelet de naissance.
Les hôpitaux devraient penser à rassembler ce genre de souvenirs pour
les parents qui sont bien incapables de réfléchir à ça . Evidement c'est extrêmement
rare qu'ils y pensent ..pourtant c'est tellement peu de choses à faire, et c'est
un tel trésor.
Vous vous dites que c'est morbide ? inapproprié ? malsain
? C'est simplement tout ce que les parents auront pour prouver au monde et
même à eux même que leur enfant à bien existé.
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