Par
Li.
Je
me rappelle avoir voulu mourir lorsqu'on m'a annoncé qu'on n'entendait plus le
cour du bébé.
Je me sentais partir peu à peu, je n'avais plus envie de pousser
pour expulser ce bébé tant attendu hors de moi, et j'étais surtout loin d'imaginer
que dés le lendemain j'aurais à nouveau envie de porter une vie en moi.
Les
médecins m'ont dit d'attendre au moins 2 mois avant de réessayer de tomber enceinte.
Ces 2 mois étaient si longs, nous qui venions de vivre 9 mois d'attente
et d'espoirs, ces 2 mois me semblaient être un long tunnel de douleurs et de désespoirs.
Au bout de 3 mois, et après au moins 10 tests de grossesse, la double ligne
rose apparaît enfin dans toute sa splendeur.
Mon mari et moi avons pleuré
en silence ensemble.
C'est alors que nous recommençons pour la deuxième fois
ce long voyage de 9 mois d'attente et de craintes.
2 jours plus tard chez
le gynécologue ; j'étais bel et bien enceinte, à l'écho on ne voyait encore rien,
mais tout semble normal.
Le gynéco m'explique que je devrais absolument essayer
de vivre une grossesse sans stress et sans angoisse malgré ce que nous venons
de traverser...facile à dire !
1er
trimestre :
Aujourd'hui nous avons réuni toute la famille et nous
nous sommes empressés de l'annoncer à la famille proche, nous sentions que tout
le monde avait besoin de cette bonne nouvelle, certains ont sauté de joie, d'autres
sont restés dubitatifs, probablement par peur d'être déçus à nouveau, comme nous.
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Je reprenais peu à peu goût à la vie, je recommençais à avoir de l'espoir
qu'un jour je pourrais enfin prendre mon bébé dans mes bras.
Mais il faut
bien dire que mes sentiments sont troubles ; je suis partagée entre la peine et
le deuil de mon enfant perdu 3 mois auparavant et la joie d'être à nouveau enceinte.
J'ai sans cesse peur de transmettre mes angoisses et mes craintes à ce nouveau
bébé en moi, qui est si petit et qui porte déjà en lui ma raison de vivre.
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Je prends peu à peu conscience que cette nouvelle grossesse est loin de ressembler
à la précédente. Mes nuits sont ponctuées de cauchemars et crises d'angoisse.
Je ne peux m'empêcher d'imaginer le pire, et le plus grave dans tout cela est
que j'ai affreusement peur de m'attacher à ce bébé.
Je sais que c'est totalement
injuste pour lui, et qu'il a le droit d'avoir tout mon amour et affection , mais
c'est plus fort que moi, je ne fais que pleurer mon enfant perdu tout en me préparant
à la perte éventuelle de celui-ci.
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Je fais des crises d'angoisse très souvent.
Ca m'a embêté très fort, et
je ne comprenais pas pourquoi ça m'arrivait.
Ces crises étaient souvent provoquées
par une contrariété (foule, chaleur, douleur...) Durant ces crises, j'avais difficile
à respirer, j'avais envie de hurler et une douleur très vive dans le haut et le
bas du dos.
Résultat ; je n'osais plus sortir de chez moi, moi qui adorais
aller au cinéma, ça fait plus de 7 mois que je n'ose plus y mettre pied.
Mise
à part ces crises d'angoisse, j'ai également des moments de paranoïa, j'imaginais
sans arrêt les pires scénarios pour des choses banales.
Exemple : Je prend
une douche et je m'imagine glisser et me fracasser la tête sur le sol, et c'est
à longueur de journée comme ça. J'ai eu peur de rester comme ça tout le restant
de ma vie et de finir par devenir folle.
Et surtout je me sentais emprisonnée
face à l'incompréhension de mon entourage.
Alors j'ai parlé de tout ça à mon
médecin, et il m'a expliqué que lorsqu'on est confronté à la mort de si près,
on a tendance alors à avoir peur de tout de manière irrationnelle.
Il dit
que de manière générale, nous avons tous nos peurs, mais notre raison y mets des
sortes de "tapis" dessus, et nous permet de les confronter , mais lorsque la plus
grande de nos peurs qui est la mort nous saute comme ça à la gorge, elle fait
exploser en même temps tous ces "tapis" et on se retrouve suspendu au-dessus de
ces gouffres de peurs et au moindre faux pas on tombe dedans.
Maintenant que
j'ai mieux compris ce qui m'arrivait, j'aurais plus facile à gérer ces crises,
je l'espère..
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Les visites mensuelles chez le gynécologue sont à chaque fois des gros moments
de stress, est-ce qu'il va bien ? est-ce qu'il est encore là ?
Le sourire
et les paroles rassurantes du gynéco nous apaise pour quelques heures, et ensuite
la boule au ventre nous reprend à nouveau jusqu'à la prochaine visite.
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