Bonjour,
Je suis presque une "fan" de ce site qui m'a beaucoup apporté tout au
long de ma grossesse. Pour suivre l'évolution de mon bébé et mieux accepter
les "joyeusetés" de la grossesse. En effet dès la 2è semaine aménorée, j'ai
été malade. J'ai perdu 4.5 kilos dans les trois premiers mois et 4 kilos
sur toute la grossesse. Mais quand j'ai commencé à sentir bébé bouger en
moi, quel bonheur! En Belgique où je réside, au 4è/5è mois on fait une
échographie morphologique-doppler pour voir bien en détail la formation et la
taille de bébé. On controle aussi que tous les flux sanguins à l'intérieur de
bébé et entre lui et la mère se passent bien. A cette échographie les médecins
ont constaté un bloc auriculo-ventriculaire sur le coeur de ma petite.(bloc auriculo-ventriculaire
: dysfonctionnement des flux électriques dans le coeur. Les oreillettes du coeur
battent au rythme normal de 150 battements/minutes, mais les ventricules battent
une fois sur deux.) J'ai donc été très suivie. J'allais à l'hôpital toutes
les semaines pour y effectuer des electro cardiogrammes sur bébé, et controler
qu'elle grandissait bien dans le bon sens... Malheureusement, si elle était
très bien formée (y compris le coeur), le fonctionement de celui-ci ne s'améliorait
pas. Il restait plutôt stable. Elle était vive dans mon ventre et savait
faire comprendre quand elle en avait assez d'être observée par des coups de poing
et de pied. Et puis, au cours d'une visite de routine, on s'estapperçue que
le coeur ne battait plus. Nous étions pile poil à la 32 è semaine... Alors
il a fallut provoquer l'accouchement... Comme la grossesse était très avancée
nous étions dans l'obligation de la déclarer et de procéder à des obsèques. Il
a fallut que nous choisissions un cercueil pour notre bébé alors que je me préparais
plutôt à choisir sa chambre... Nous avons procédé à un accouchement par
voies naturelles avec une péridurale. Mon mari, qui n'était pas très chaud
pour la péridurale a insisté pour le faire, en disant qu'il ne voulait pas que
je souffre alors qu'il n'y avait plus rien au bout. Mais en fait, au bout il y
avait quand même quelque chose... Nous avons pu voir notre petite fille à
qui nous avons donné le prénom de Lyloe (prononcer Lilou, c'est une orthographe
mi francophone, mi flammande!). Je l'ai tenue dans mes bras. Elle faisait
2.100kg et mesurait 42 cm. Elle avait plein de cheveux noirs et me ressemblait
si fort à la naissance!!!! Nous avons vu des photos de moi bébé peu après, et
c'est presque copie conforme. D'elle il ne nous reste que deux photos prise
à la "naissance", une empreinte de ses pieds et une mèche de cheveux... Et aussi
une plaque sur la porte de sa "case" au colombarium du cimetière de Laeken, commune
de Bruxelles où nous résidons. Mais elle est toujours dans mon coeur et c'est
devant sa tombe, que, main dans la main, mon mari et moi avons décidé de remettre
l'ouvrage sur le métier... Et d'arrêter la pilule que j'avais reprise. Cela
fait bientôt 3 mois qu'elle nous a quittés avant de nous connaître, mais nous
savons que nous ne l'oublierons jamais, même si nous avons des tas d'autres enfants.
Ce que je voudrais dire à toutes celles qui me lisent, qu'elles aient
ou non traversé ce chemin de croix, c'est qu'il ne faut jamais perdre espoir.
Et que la phrase "c'est peut-être mieux comme ça" n'est pas une phrase avec
laquelle on peut être en accord dans ce genre de situation. Que ce soit sous
forme d'une fausse couche ou, comme dans mon cas, d'une mort in-utéro, on perd
quand même un bébé, désiré, aimé déjà, attendu. Hier soir, j'ai donc arrêté
la pilule, et dans le demi sommeil du début de nuit, j'ai eu comme la sensation
de recevoir l'assentiment de Lyloe. Ce soir, je me sens sereine et prête
à recommencer le parcours, et cette fois, de le terminer dans une autre chambre
que celle que j'ai connu à l'hôpital St Luc. @ bientôt! Séverine.
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