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petit J, L'intense fatigue que j'ai pu ressentir la semaine précédente s'estompe
peu à peu, ou peut-être est-ce moi qui essaye de ne pas l'écouter. Je dois
quand même prendre quotidiennement des comprimés de fer pour tenir. Cette
semaine, j'ai l'impression que tes petits mouvements sont enfin perceptibles de
temps à autre. D'ailleurs, je ne suis pas la seule à les avoir sentis. Pourtant,
je ne peux m'empêcher de penser au pire. Il n'y a pas de raison, mais. Tu deviens
si important pour moi ! Tu es là, toujours avec moi, quand je ris ou quand
je pleure ; fidèle compagnon quels que soient l'heure et le jour. Nous ne
faisons qu'un. D'incessants cauchemars hantent mes nuits, et même la journée,
je m'imagine les pires scénarios. C'est invivable et incompréhensible : j'ai
dû mal à être pleinement heureuse. Malgré tout, j'essaye de te faire confiance ;
je suis certaine que tu dois être tranquillement en train de grandir, confortablement
installé dans un coin de mon ventre. Et pour me rassurer, je me dis que dans
quinze ans, quand tu liras ces lignes, tu te moqueras de moi. Je te fais de
tendres câlins mon petit J.
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