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Mon
petit J, Aïe, aïe, aïe ! Ma balance affiche à présent +10kgs. Arghhh !
Ceci dit, c'est vrai que ce n'est pas énorme par rapport à ce que j'avais pu prendre
pour Nana.mais quand même ;-) Et puis, même si j'ai pris moins, un jour mon
idéal de ventre de rêve s'effondre : j'aperçois de toutes petites vergetures autour
de mon nombril ! Moi qui avais réussi à ne pas en avoir pour Nana alors que
j'avais un ventre bien plus gros, je reste scotchée devant ces petits traits qui
marqueront à jamais sur mon corps ton passage dans mon ventre. Bien sûr, je
relativise : ce n'est rien, ça pourrait être bien pire, ça ne se voit quasiment
pas. Ton papa déploie des trésors de patience également pour me rassurer.
Mais rien n'y fait ; je dois faire le deuil d'un corps qui ne sera plus. Je me
sens dépossédée. Démunie. Mal. Paraît que ça passera. De toute façon,
la rentrée des classes me fait bien vite oublier tout ça. Pas le temps de
penser à soi : 4 classes à gérer, une centaine d'élèves à découvrir, plein de
papiers à trier. C'est grisant, mais épuisant. Je ne pensais pas que ce rythme
de travail après deux mois de repos allait me fatiguer autant. Mais pour rien
au monde je ne regrette de ne pas avoir accepter les quinze jours de congés pathologiques
que le médecin me proposait. Je suis heureuse de voir les petites bouilles de
mes élèves, et en même temps, je sens l'énorme décalage qui se crée entre mes
collègues et moi du fait de ta présence : je ne peux participer à aucun projet
et c'est vraiment frustrant.
Et puis il y a eu la rentrée de Nana. Je
n'y ai pas assisté étant moi-même en pleine rentrée ce matin-là, mais je sais
à présent pourquoi je n'ai pas cherché à me débrouiller pour l'accompagner.
Inconsciemment, je crois que je redoutais ce moment. Sur le chemin qui me mène
au collège, je l'imagine avec son papa devant sa nouvelle classe, et de chaudes
larmes se mettent à couler le long de mes joues. Mon bébé, mon premier bébé,
est grand maintenant. Et puis un jour ce sera ton tour.Je suis très émotive ces
temps-ci. Je ne peux pas ne serait-ce que penser à une naissance sans sentir
des larmes envahir mes yeux. Le pire bien sûr, ce sont tes mouvements, si
doux, si agréables, qui à chaque fois me font chavirer ! Une nuit, je fais
un rêve terriblement étrange : je te sens bouger et d'un seul coup, la peau de
mon ventre devient particulièrement fine, à tel point que j'aperçois ta petite
main par transparence. Je la saisis et l'embrasse avant de la caresser longuement.
Au réveil tout cela me semble si réel que j'ai du mal à réaliser qu'il me
faudra patienter encore avant de pouvoir véritablement tenir ta main dans la mienne.
Une autre nuit, je me réveille à cause d'une contraction très, très douloureuse.
Tellement douloureuse que dans mon demi-sommeil j'ai l'impression d'être en train
d'accoucher. Ensuite, plus rien. Mais le lendemain matin, une légère panique
s'empare de moi : et si tu décidais de pointer le bout de ton nez avant terme
? On ne sait jamais. La matinée est donc consacrée à une série d'achats
frénétiques. A présent tu peux naître, l'essentiel est à la maison. Du
coup, Nana est ravie d'avoir choisi le petit pyjama que tu porteras le jour où
tu viendras à notre rencontre J A bientôt petit ange.
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