 | |
Mon
petit J, Cette semaine est marquée par le début de mon congé maternité. A
deux jours près, je tenais jusqu'au bout. Mais il y a eu beaucoup trop de
contractions, des vertiges incessants à cause de la chaleur de ma salle de classe,
et puis voilà.un peu malgré moi, j'ai dû renoncer à aller jusqu'au bout. La
seule chose qui me rassure c'est qu'en me rendant à la maternité pour faire un
monitoring, les sages-femmes m'ont dit, que même si tu naissais maintenant, il
n'y a plus vraiment de danger. Ceci dit, contractions ou pas, je sais que
tu ne vas pas naître tout de suite. Il y a tellement de choses à faire avant ta
venue ! Même si j'ai hâte, même si autour de moi tout le monde me met en garde
concernant un éventuel accouchement prématuré, je sais au fond de moi que ce n'est
pas le moment. Oh, petit ange ! Je suis désolée de te faire vivre à mon rythme
! Je sais bien que ce n'est pas le tien, mais je n'arrive pas à ralentir la
cadence. On me dit de me reposer, mais à vrai dire, j'ignore ce que cela veut
dire. Je crois qu'inconsciemment j'ai trop peur de me retrouver face à un
vide effrayant. Marcher, travailler, ne jamais s'arrêter car ce serait comme
arrêter de respirer. C'est un peu ça ma vie. Quand j'y pense, je me dis que
je me plains souvent du trop-plein d'énergie de Nana, mais je sais de qui elle
tient ! Me voilà donc résolument tournée pendant quelques mois vers une vie
moins trépidante. C'est la gorge nouée que je laisse derrière moi le rire
de mes élèves. Leurs frimousses vont vraiment me manquer. Je me sens mise
sur le banc de touche. Pour toi. Je t'aime déjà si fort.
|