 | |
Mon
petit J, Je ne sais pas ce qui laisse croire aux gens qu'un congé maternité
permet de se reposer.Je n'arrête pas ! Les journées passent à une allure folle
et je me retrouve avec mille et une choses à faire pour préparer ton arrivée.
Bien sûr d'aucuns diront que je me complique la vie, en fabriquant moi-même mon
écharpe de portage par exemple ou en retapant un vieux meuble pour en faire une
jolie table à langer, mais c'est comme si tout cela m'était nécessaire. J'ai
besoin de préparer moi-même le petit nid qui t'accueillera. Les heures que je
passe à coudre les ourlets de l'écharpe sont autant d'heures durant lesquelles
je pense à toi. Bientôt tu ne seras plus ce petit être de rêverie. Tu seras bel
et bien là, à mes côtés. Je serai tout à toi. Pour le moment, je privilégie
Nana. Même si jusqu'à présent mes horaires me permettaient de lui consacrer beaucoup
de temps, j'ai l'impression d'avoir raté plein de choses. J'ai besoin d'être avec
elle, même si elle est épuisante ! J'ai besoin de la sentir contre moi, de faire
quelques siestes avec elle, de la prendre dans mes bras en lui rappelant que le
premier bébé que j'ai eu, est et sera toujours elle. Et puis ce faisant, une
pointe d'angoisse s'installe. Depuis que Nana est à l'école, elle se fatigue vite
: il a fallu adopter un nouveau rythme beaucoup plus stricte, nous qui étions
habitués à une vie parfois un peu bohême et nonchalante. J'ai peur de ne pas
savoir gérer d'un seul coup ce rythme contraignant et l'arrivée d'un bébé qui
exigera de moi beaucoup d'énergie et de présence. Je sais.j'aurais dû y réfléchir
avant ! Sans doute. Mais c'est maintenant que la question se pose : comment
font les autres mamans qui ont l'air de concilier sans trop de difficultés deux
enfants (voire plus), le travail, la maison, etc.? Je me sens soudain démunie
face à cette nouvelle situation qui s'annonce. Aurai-je seulement la force de
faire tout ça ? Est-ce toi et Nana qui allez me donner toute cette énergie ? Accepterai-je
de devoir renoncer à certains projets qui me tiennent pourtant à cour ? Les
questions se multiplient au fil des jours. Et pourtant, rien ne me fait douter
de l'immense bonheur que j'éprouverai en croisant pour la première fois ton regard.
A très vite mon petit ange.
|