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Mon
petit J, A cause de ce qu'a dit le médecin, j'attends chaque jour ton arrivée,
je guette le moindre signe qui m'indiquerait le bon moment.qui hélas n'arrive
jamais. C'est chaque jour une nouvelle déception. J'ai d'autant plus hâte
que tu pointes le bout de ton nez qu'il y a des dates que je veux absolument éviter.
Pour certains cela peut paraître ridicule, mais pour moi c'est important de ne
pas associer le jour de ta naissance à un événement douloureux qui a marqué mon
passé. J'oscille donc chaque jour entre l'euphorie de ces derniers jours de
grossesse et une angoisse démesurée qui me fait pleurer bien plus qu'il ne faudrait,
mais je ne parviens vraiment pas à contenir cette peur panique. Ton papa a
beaucoup de mal à me comprendre, mais il se montre patient. Nana aussi accepte
de voir sa maman pleurer parfois. Elle vient alors me réconforter par ses bisous
et ses câlins. Elle caresse mon ventre et s'adresse à toi en te disant : « Bon,
maintenant tu peux sortir bébé. T'as fini de te faire tout beau ! ». L'automne
est arrivé, les arbres changent de couleur et les châtaignes sont en nombre sur
les trottoirs et les pelouses. Les boutiques s'inquiètent déjà de Noël. Tu
peux venir à présent petit J. Mon cour s'apaise, mon corps devient parfois
trop douloureux. Il me tarde de voir tes grands yeux découvrir le monde.
A très vite mon ange.
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