| En
réponse au témoignage: la nature de Myriam. (Ano) |
Voici notre
témoignage qui rejoint celui de Myriam sur la stérilité...
Nous avons émigré
au Canada il y a quelques années.
Et je n'avais pas de gynéco.
Quand
nous avons franchi le pas pour un bébé la réponse a été immédiate: enceinte du
premier coup. Magnifique.
Mais 3 semaines après des saignements m'indiquaient
une perte.
Nous nous sommes retrouvés seuls face à cela. Aucun gynéco ne
voulait me rencontrer avant 10 à 12 semaines de grossesse ("trop de chances que
vous le perdiez d'ici là"!!!).
Et sûrement pas sans recommendation d'un médecin
de famille.
Or la liste d'attente pour un médecin de famille (s'il accepte
de nouveaux patients) est en moyenne de 6 mois...
Bref, toutes les portes
se fermaient devant moi.
Ma première perte n'a été suivie d'aucun examen.
Ni les autres d'ailleurs.
Nous ne voulions parler de cela à personne. Mes
parents n'ont jamais connu de difficulté de ce côté-là et n'auraient pas compris.
Le coup dur fut que ma belle-soeur nous annonça 1 semaine après qu'elle était
enceinte...
De là suivirent 10 mois difficiles: enceinte tous les 2-3 mois
juste le temps de me sentir bizarre, faire le test et puis perte immédiate.
Une gynéco que j'avais réussi à contacter par piston m'a même une fois envoyé
par fax une ordonnance pour une prise de sang. Les résultats lui furent faxés
vers 10h du matin.
Je suis restée à l'appartement toute la journée attendant
son appel qui n'arriva que vers 7h30 le soir... pour me dire "il y a bien eu grossesse
mais les résultats sont trop faibles, vous avez vraisemblablement fait une perte.
Mais il n'y a franchement pas de quoi se plaindre. Estimez-vous chanceuse
de tomber enceinte".
Sur ce au revoir.
J'ai finalement réveillé
ma mère au milieu de la nuit et lui ai raconté nos derniers 6 mois, effondrée,
seule, terriblement seule (mon mari était en voyage d'affaires...).
Bref,
j'ai détecté 4 pertes précoces en un peu moins de 1 an.
1 an c'est le temps
que ça nous a pris pour trouver un support, un gynécologue qui a bien voulu me
recevoir, non pas pour m'osculter mais pour me faire une ordonnance pour un autre
gynécologue spécialiste de l'infertilité.
À ces mots, personnellement j'ai
paniqué.
Etions-nous en train d'embarquer dans une démarche de fécondation
artificielle ou de procréation assistée ( une business apparemment très lucrative
dans ce coin-ci du globe)???
Nous avons eu en réalité une chance folle.
Le gynécologue en question, bien que très émérite dans le domaine du traitement
de la stérilité, n'est définitivement pas une personne qui pousse dans cette voie.
Le premier rendez-vous, auquel nous nous rendions à reculons, nous mit tout de
suite en confiance.
Le but n'était pas de nous vendre un tas de traitements
dispendieux et de nous noyer dans une mer de technicités où la science aurait
pris le pas sur la magie de la nature.
Non, nous avons rencontré quelqu'un
de très calme, attentif et qui voulait d'abord s'assurer que tout allait bien
pour nous. Il faut croire que c'est tout juste ce qui manquait à notre chemin.
Savoir que quelqu'un était là , que nous n'étions pas seuls face à un effrayant
inéluctable...
A peine deux semaines après, nous rencontrions ce médecin
à nouveau... pour regarder un petit oeuf qui poussait dans mon ventre...
Et cette fois-ci, il est resté!!!
Nous avons eu un soutien incroyable, dans
le calme, la douceur et l'économie de mots inutiles.
Le suivi très attentif
de ce docteur a, à mon avis, effacé ces peurs qui me menaient à des pertes.
Je ne peux m'empêcher aujourd'hui de penser que mon angoisse de la perte et de
l'indifférence des spécialistes étaient à la source de ces pertes.
Et dans
un peu moins d'un mois, la petite crevette ou l'asticot va venir remplir notre
vie non plus de coups de pieds mais d'appels au biberon!!