Bonjour,
Je m'appelle Marie et tout comme Marion j'ai fait une fausse couche
à 19 semaines et demi de grossesse,dans la nuit du 16 au 17 septembre.
J'ai
déjà fait deux premières fausses couches en octobre 2001 et décembre 2001 à moins
d'un mois de grossesse.
Ma gynécologue m'a alors prescrit des examens complémentaires
(caryotypes ainsi que mon mari et un bilan sanguin).
Les résultats sont revenus
ne montrant aucune anomalies.
Elle m'a alors prescrit du clomyd.
Au mois de juin dernier je suis tombée de nouveau enceinte.
Mon mari et moi
étions très contents de la nouvelle.
Tout se passait bien, la première échographie
était normale, et le suivi mensuel aussi.
Le 12 septembre, nous avions rendez-vous
chez ma gynécologue pour l'examen mensuel et avec un peu de chance nous aurions
vu le sexe de notre petit.
Génial cela n'a pas loupé, la gynéco a vu tout
de suite que c'était un petit mec.
Nous étions vraiment très contents car
dans la famille il n'y avait que des naissances de filles.
L'examen était
normal.
Le 16 septembre , je repassais et j'ai ressenti une envie de
pousser et une gêne au niveau des reins.
J'ai appelé la gynéco qui m'a dit
de venir la voir tout de suite.
Ce que nous avons fait, à l'auscultation,
elle m'annonce que mon col est ouvert et qu'il faut nous rendre tout de suite
aux urgences gynécologiques.
Donc nous voilà parti aux urgences, arrivés nous
avons été pris en charge tout de suite par une sage-femme qui a vérifié l'état
du cur du fotus, celui ci battait très bien.
Mes saignements s'amplifiaient
et l'interne est arrivée.
A l'échographie on pouvait voir le col qui s'ouvrait
mais le petit cur battait toujours.
L'interne a demandé des examens
complémentaires pour voir si il n'y avait pas une infection car j'avais un peu
de température, et elle nous a annoncé au départ que si il y avait une infection
on pourrait traiter et je devrais rester allongée.
Mais je sentais que
cela n'allait pas durer.
Après ce premier examen je me suis mise à saigner
abondamment et là l'interne a compris que le travail était en cours et qu'on ne
pourrait rien faire.
Elle a été très directe pour nous l'annoncer, mais très
présente, ce qui je pense est préférable.
Il ne sert à rien de tourner autour
du pot!
Ensuite, je suis montée en service en attendant que le travail
se fasse, ais je n'y suis pas restée très longtemps car les contractions étaient
de plus en plus fortes et de plus en plus rapprochées.
Devant cela mon mari
a rappelé la sage-femme et nous sommes descendus en salle de travail.
J'ai
eu le droit à une rachis sur la fin car il y avait toujours ce risque infectieux
et ils hésitaient à en rajouter un autre.
Une fois la rachis faite je me
suis sentie soulâgée et le petit bonhomme est arrivé.
On
nous a demandé si on voulait le voir, mais nous avons refusé.
Si nous désirons
le voir plus tard nous devrons faire la demande à l'hôpital car ils gardent des
photos dans leurs dossiers.
L'équipe a vraiment été très bien, autant
pour moi que pour mon mari.
Je leur ai dit que je reviendrai. .
Nous sommes
restés dans l'attente des résultats pendant un mois, et nous avons appris que
j'avais fait une infection à strepto.
Ma gynéco est moi-même étions très
surprises car j'allais très bien, je 'n'avais aucun signes d'infection.
J'ai
aussi eu le droit à un bilan sanguin pour savoir si je ne fabriquai pas des anticorps
qui provoquent les fausses couches. Bingo!! : j'en fabrique un peu.
Bref,
pour la prochaine grossesse, qui à mon avis n'est pas très loin, ayant quelques
signes grossesses , avec ma gynéco nous ferons des examens tous les mois pour
prévenir l'infection et je prendrai en plus un traitement contre les anticorps
(aspégic nouveau né).
Ce fut une épreuve très pénible moralement car
vous êtes malheureuse de ce qui vous arrive mais en plus votre mari est très triste
lui aussi et je ne vous parle pas de l'entourage qui cherche à comprendre ce qui
se passe, qui se demande si vous êtes bien suivie, si vous n'avez pas fait de
bêtises........ et en plus dans ma famille il y a eu des accouchements et il y
a des grossesses en cours!!
J'ai été arrêtée un mois car je ne me voyais
pas reprendre le travail.
Je suis infirmière en entreprise et j'avoue que
je n'avais pas du tout envie de m'occuper des autres.
Je pense qu'il
ne faut pas se poser de questionquant à envisager une autre grossesse, cela se
décide avec le temps.
Il ne faut surtout pas désespérer et continuer à vivre
pleinement ce désir d'enfant.
Il est vrai que l'on ne parle pas assez
des fausses couches.
La femme le vit comme un échec et n'ose pas en parler
de peur de passer pour une incapable.
Je l'ai ressenti, je me disais que
j'étais incapable de remplir mon "devoir" de femme, de ne pas pouvoir faire ce
beau cadeau à mon mari qui est la naissance.
En fait quand on discute avec
d'autres gens on se rend compte que cela arrive à beaucoup d'autres femmes.
Aujourd'hui je vais mieux et me dis que ce vécu était un entraînement pour le
futur.
Marie.
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