| La
grossesse, c'est pas génial ! en réponse à Magali. |
Je
suis enceinte de 8 mois.
Je vis ma grossesse seule car le géniteur de mon
enfant ne veux pas être père et m'a demandé d'avorter avant la fin du 3ième mois.
J'ai donc été obligée de choisir entre lui et l'enfant.
J'ai choisi de garder
cet enfant que je voulais, car je suis sure de l'aimer et qu'il m'aimera, alors
que le géniteur de mon enfant, je ne suis pas sure qu'il ne m'ait jamais aimé.
Je voulais un enfant de lui car j'étais follement amoureuse de lui, mais
lui ne vivait pas notre relation de la même manière : il ne s'est jamais senti
engagé dans une relation sérieuse et durable.
J'ai 40 ans et sans doute que
la pression de l'horloge biologique n'est pas pour rien dans mon choix de la garder.
J'ai donc mené ma grossesse seule pour les échographies, l'amiocentèse et sans
doute pour l'accouchement à venir (programmé fin avril). J'ai vécu des périodes
de dépression très importantes qui se traduisent par le fait que je ne dors plus
la nuit.
J'étais d'abord en manque physiquement et psychologiquement du géniteur
de mon enfant.
J'ai ensuite découvert que j'avais une méga infection gynécologique
; j'ai eu très peur d'avoir été contaminée par le virus du sida de la syphilis
ou de le d'hépatite, puisque le géniteur de mon enfant n'a rien trouvé de mieux
à faire que de s'inscrire sur des sites de rencontres pour trouver le femme de
sa vie lorsqu'il a su que j'étais enceinte et bien sûr, il a des relations sexuelles
sans préservatif.
J'ai quand même découvert que j'étais porteuse du virus
de l'herpès.
Si je ne suis pas en crise dans les jours qui précédent l'accouchement,
je ne serais pas obligée d'accoucher par césarienne.
La haine a donc remplacé
l'amour ou ce que je croyais en être.
J'ai terriblement culpabilisé vis-à-vis
du foetus car tout ce que les autres trouvaient à me dire lorsqu'ils me voyaient
en dépression et pleurer par exemple "c'est il ne faut pas, c'est mauvais pour
le bébé".
Vous avez beau le savoir d'un point de vue intellectuel, lorsque
vous souffrez de peur de l'avenir, d'angoisse, bref, de dépression avec perte
du sommeil, vous faites ce que vous pouvez pour tenter de gérer vos émotions.
J'ai connu les petits soucis de santé de la plupart des femmes enceintes
et lorsque l'on est seule pour l'assumer et ce n'est pas toujours évident :
- les nausées : je ne mangeais pas assez car je n'avais pas le moral, jusqu'à
ce que je me reprenne en me disant que si "j'ai décidé de le garder, il faut que
je mange pour lui" et les nausées se sont calmées.
- J'ai des envies de mictions
répétées depuis les premiers mois pour des raisons hormonales, ensuite depuis
que l'utérus pèse sur la vessie et bien avant le 6ième mois alors que j'ai pris
très peu de poids (peut être que le périné est insuffisamment musclé?) et depuis,
d'incontinence lorsque je tousse notamment.
- A la deuxième échographie,
on a détecté que les deux reins n'étaient pas de même taille et là encore j'ai
culpabilisé car je me suis dit que je n'avais pas arrêté de boire du vin pendant
les trois premiers mois notamment, même si j'avais considérablement réduit ma
consommation (une ceratine dépendance existait et c'est tentant de se laisser
aller lorsque l'on est en dépression).
- Je souffre depuis le 4ième mois et
demi de remontées acides et cela ne s'arrange pas eu fil des mois : cela fait
que je ne sais plus quoi manger. Je sais que cela vient du fait que l'utérus appui
sur l'estomac mais j'ai lu plus tard que c'est intensifié par l'angoisse.
- J'ai pris peu de poids et j'ai culpabilisé en me disant que le bébé n'allait
pas profiter normalement.
Je viens de faire la troisième échographie et il
a un beau abdomen et devrait être dans une taille au dessus de la moyenne.Me voilà
rassurée sur ce point!
- J'ai une hernie à l'aine depuis le 6ième mois et
que cela m'oblige à faire encore plus attention au poids que je porte. J'ai aussi
eu très peur de devoir être opérée avant le terme et de provoquer un accouchement
prématuré!
A part ça, quoi de positif : les résultats de l'amiocentèse n'ont
rien décelé d'anormal au moins au niveau de la trisomie 21 puisque tous les anomalies
génétiques ne sont pas recherchées.
Mon témoignage n'ont pas pour faire du
misérabilisme mais pour vous dire que malgré tous ces maux, je ne regrette rein
et que mon plus grand bonheur sera de vérifier le jour de mon accouchement que
j'aurai mis au monde un bébé bien portant malgré tout ce que j'ai vécu de négatif
et lui aussi sans doute.
J'espère seulement qu'il n'en sera pas trop affecté
dans son comportement puisque l'on connait l'importance de la vie intra-utérine
sur le comportement du bébé, de l'enfant, voir du futur adulte.
La grossesse
n'est pas une maladie ; c'est un état surtout lorsqu'elle est normale et qu'elle
n'est pas compliquée par des facteurs externes. J'ai l'impression qu'il y a une
tendance de certaines futures mères a trop s'écouter (il faut voir et écouter
les maux, vérifier s'ils sont normaux ou anormaux, il faut être vigilant et faire
de la veille ; personne n'est à votre place, ni votre compagnon, ni votre mère,
ni votre meilleure amie, aucun médecin, ni gynécologue), à être trop chouchoutée
par leur compagnon et à en profiter.
Si nous avons voulu un enfant, nous
sommes seule à le porter et nous devons assumer tous ces maux.
Nous avons
9 mois pour nous préparer à notre état de future maman et ce que nous vivrons
ensuite, ne sera pas toujours rose.
Si vous avez là encore la chance de ne
pas être seule, ce sera plus facile, sinon ce seront les problèmes de garde, de
conditions matérielles difficiles (élever un enfant dans un appartement de 38m²
où il n'y a qu'une chambre, la mienne ou la sienne), d'argent (les statistiques
récentes sur la pauvreté des enfants des parents seuls le prouvent aujourd'hui),
mais c'est un autre problème et ce n'est pas la peine de crier tant que l'on a
pas mal !
A chaque jour, suffit sa peine et la peur n'évite pas le danger.
Je savais tout cela au moment où j'ai décidé d'avoir un enfant et surtout
de garder le foetus qui était dans mon ventre.
Nathalie.