Le
récit de Sylvie. Première partie: la naissance de Samuel par
césarienne. |
Première
partie : La césarienne.
A partir de la 3e écho, à la 33e semaine, on a vu que Samuel était en siège
décomplété, c'est à dire avec les pieds devant la tête, et les fesses dans le
bassin.
On a vérifié à 37 semaines par une nouvelle écho la position qu'il
avait : il était toujours en siège.
La gynéco ne m'a rien dit à ce moment
là, elle m 'a juste demandé de faire une radio du bassin.
Après la radio
du bassin, on a revu la gynéco le 29 Janvier, elle nous a dit : vous avez le choix
entre une césarienne et un accouchement par voie basse.
On s'est laissé une
semaine de réflexion, et le 06 Février, on a revu une autre gynéco pour lui dire
notre choix : nous avions choisi la césarienne avec pour objectif la sécurité
de bébé, pour éviter une souffrance fotale, ou l'utilisation d'instruments au
moment de la naissance, comme les forceps.
Donc la césarienne a été programmée
pour le Lundi 12 Février.
Pendant la consultation, la gynéco nous a proposé
de revenir le lendemain pour faire naître Samuel, mais heureusement et finalement
elle avait trop de travail.
Finalement le seul jour possible était le lundi
12 avec cette gynécologue qui ne nous avait pas suivi- mais cela ne posait pas
de problèmes, parce qu'elle était à l'écoute, et sympa.
On est rentré
le dimanche à 11 heures pour faire tous les examens, le labo étant fermé le dimanche
après-midi. Analyses sanguines et urinaires, plus monitoring pendant une demi-heure.
Tout allait bien, on m'a laissé sortir pour l'après-midi. Je suis revenue
à 20 heures.
J'étais déjà installée dans la chambre à la maternité.
Je me suis sentie seule, je savais que mon enfant allait arriver le lendemain,
et même si on avait fêté ça la veille avec mon mari, je sentais que lui aussi
était seul, et qu'on ne pouvait pas partager ces derniers moments avant la naissance
de Samuel.
Le lundi matin, on m'a réveillé vers 6 heures, on m'a rasé,
et j'ai pris une douche à la bétadine.
J'étais à jeun depuis minuit, avec
impossibilité de boire ! dur .
Puis ils m'ont installé le cathéter et la
perfusion et j'ai commencé à attendre.
La césarienne était programmée
pour 9h45, et en fait je suis descendue au bloc une heure et demi plus tard.
Mon mari était arrivé vers 9 heures, heureusement qu'il était là, il a pu rester
avec moi pendant ces premiers soins.
Vers 11h30, on est venu me chercher,
je suis descendue au bloc opératoire.
Michel est resté dans la maternité.
On lui a dit qu'il devait rester là pour accueillir Samuel.
C'était
dur, je savais que quand je le reverrai Samuel serait là.
Il est resté seul
en mater pendant toutes ces heures, ça a été également dur pour lui. On lui avait
demandé d'attendre, et il est resté dans le couloir, il attendait devant l'ascenseur.
On lui avait dit que Sam arriverait 1 heure après l'accouchement, et cela
a duré plus longtemps, il était inquiet.
En fait, il a appris la naissance
de Samuel quand quelqu'un est sorti de l'ascenseur, et qu'il lui a demandé si
il était le père de Samuel, il était là dans la couveuse, et ils ont fait connaissance
là. devant l'ascenseur, dans le couloir.
Heureusement, il a pu rester
avec lui dans la nurserie, le prendre dans ses bras, mes parents aussi.
Mais
je ne sais même pas si on lui a donné des nouvelles de moi, il a fallu attendre
que je remonte de la salle de réveil.
Quand je suis descendue, je suis
rentrée dans le bloc, on m'a installé sur la table d'opération, ils ont installé
les perfs et puis la rachianesthésie.
-Malaise !- Ils étaient 3 à s'occuper
de moi. L'anesthésiste derrière moi, un monsieur devant moi qui m'aidait à arrondir
mon dos, et une dame sur le côté droit qui me soutenait très gentiment.
En
fait la pose m'a semblé vraiment très longue. Ce qui a déclenché mon malaise,
c'est que j'ai eu vraiment très soif. Donc on m'a mis un masque à oxygène, les
jambes en l'air. je passe les détails.
Une fois que j'étais remise, on a
recommencé, et ça m'a semblé moins long, et très vite, ça a fait son effet.
Le sentiment que j'ai eu, je tenais vraiment à m'excuser, parce que j'avais l'impression
de faire perdre du temps. L'image que j'avais, c'était la gynéco qui était accroupie
dans un coin de la salle, quand on me posait la rachi et qui me regardait d'un
air de penser : " on se dépêche !! ".
Il y avait plein de monde dans
la salle, et je ne savais pas qui était la plupart des gens. Mais bon. La pose
de la rachianesthésie a fonctionné la deuxième fois.
Tu commences à sentir
l'effet de l'anesthésie, avec une sensation de chaleur qui monte, et tu ne sens
plus rien, tu ne peux plus rien bouger.
Après, ils ont préparé l'intervention.
Ils ont badigeonné le bas de mon ventre avec de la bétadine.
J'ai dit à l'anesthésiste
" Attendez ! je peux voir ! ", et c'est après qu'ils ont installé le champ à la
verticale.
Là, tu sais ce qu'ils vont faire, et une petite angoisse monte,
même si elle passe très vite.
En gros, tu ne penses plus à rien, j'avais
peur de mal vivre ce moment, parce que tu sais ce qu'ils sont en train de faire.
En fait, ça se passe très bien, aucune douleur, aucune sensation, tu ressens rien.
En fait, tu penses beaucoup plus à comment va être ton petit gars qu'à ce qu'ils
sont en train de faire.
Un petit commentaire sympa de l'anesthésiste qui regarde
au dessus du champ : " Ah ! c'est bien un siège ! "
Et quelques minutes
après, tu entends son cri. J'ai pleuré.
Entre le moment où il crie, et le
moment où tu le vois, c'est très long !
On m'a apporté Samuel après qu'on
l'ait lavé. Je ne l'ai pas vu avant, j'ai eu l'impression d'attendre des années,
alors que le moment où on te laisse le voir, c'est une étincelle de temps.
Je n'ai vu que le haut de son corps, il était enveloppé dans un linge.
Il
avait les yeux grand ouvert , il m'a regardé, je m'en souviendrai toute ma vie.
Mais je n'ai pas pu le toucher, ils me l'ont présenté, mais je ne pouvais
pas lever les bras, bras en croix avec tous les branchements de la perf et du
cathé.
J'ai pu l'embrasser, ils l'ont emmené, ils sont partis avec.
Après, je pleurais encore, j'étais profondément émue.
Ils m'ont recousu,
je crois que ça a duré longtemps, mais pour moi, c'est comme si le temps s'était
arrêté. Je pensais à mon petit bonhomme. Je l'avais vu, je l'avais reconnu.
Par contre, ce qui m'a marqué, c'est que je me sentais ballottée, la table
bougeait violemment, je ne sais pas ce qu'ils faisaient de moi.
En fait
dans le bloc, je n'ai entendu que deux phrases, la première de l'anesthésiste
qui me dit que mon bonhomme est bien en siège, et une autre de ma gynéco qui me
dit après l'intervention : " Au fait, Mme P., vous aviez un kyste sur les ovaires,
on vous l'a enlevé.
Ce sont les deux seules phrases que j'ai entendu après
la rachianesthésie.
C'est terminé. Le champ tombe, et il n'y a plus
personne dans la salle, je m'attendais à voir ma gynéco, mais elle était partie.
PLUS PERSONNE !
On m'a réinstallée dans mon lit, et on m'a emmené en salle
de réveil, alors j'ai regardé l'heure.
En fait pour donner une notion de
temps, Samuel est né à 12h40, et en sortant de la salle d'opération, il était
13h20.
Dans la salle de réveil, on m'a dit de me reposer, mais je ne
pouvais pas dormir parce que je pensais à mon petit bout, j'étais impatiente.
J'ai eu une sensation bizarre, je ressentais mes jambes pliées, alors qu'elles
étaient droites quand je les regardaient. J'avais vraiment l'impression que ce
n'était pas les miennes.
En fait, j'avais les jambes tellement lourdes que
je ne pouvais pas les bouger, c'était des piliers, pas des jambes.
Un
petit truc : c'est quand vous bougez les jambes qu'on remonte en mater, donc n'hésitez
pas à les bouger, mais de toute façon, ça dure quand même deux heures.
Ensuite, tu remontes !
Quand je suis sortie de l'ascenseur, j'ai vu ma mère,
un nouveau grand moment d'émotion.
De retour dans ma chambre, Samuel n'était
pas là, je l'ai cherché. on me l'a amené 5 minutes plus tard, il avait une couche,
emmitouflé dans une couverture, et j'ai enfin pris mon fils dans les bras.
Tout ça pour tenir mon fils dans les bras !